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Depuis plus de seize ans je rêve de t'écrire
Un hymne solennel qui puisse dépasser,
Par de beaux sentiments les Cieux de notre empire.
Mon âme puiserait l'or pur du clair éther;
De mes doigts attentifs, dans l'encre de l'aurore
Mon art cisèlerait, touchante de beauté
L'auréole de flamme où l'encens s'évapore
En laissant sur la page un décor enchanté.
Au doux cri de la plume une aubade céleste
D'un souffle évanescent caresserait ton cœur.
Délicate obligeance avec amour d'un geste
Candide et flamboyant, au soir ma muse sœur
D'un langage éloquent t'offrirait l'apothéose
Qui sache fasciné les arches de tes yeux;
En glanant le nectar dans le cœur d'une rose,
Mon pli t'inviterait au pays merveilleux.
Comme un matin de mai quand la nature est belle,
Les fleurs de mon pinceau déposeraient l'heureux
Parfum de volupté, c'est même une hirondelle;
Plaisante ambassadrice, au destin de mes vœux
Qui ferait le chemin vers ta verte fenêtre,
Déposant dans ta main l'ineffable trésor,
Le message divin dont tu rêves peut-être?
Pour que mes mots dorés soient des étoiles d'or,
J'irai dormir demain dans le nid des mésanges,
Où se cache un amour que comprennent les Dieux,
Ma verve tracera dans la langue des anges
Un discours si charmant que couleront tes yeux.
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