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Chères lettres d'amour, si vous pouviez garder
Les sourires passés sous la tonnelle verte,
D'où s'écoulaient l'amour et le bonheur d'aimer;
Dans le linceul bleuté d'une écriture inerte.
Comme un arbre emprisonne en sa chair les prénoms
De jeunes amoureux, ou servir de modèle
A de primes ados, à leurs premiers démons
Dans ces instants de rêve où couve l'hirondelle.
Si l'encre du vélin pouvait semer des fleurs
Dans les yeux de ceux-là que l'amour abandonne;
Être cette arche d'or des jardins enchanteurs,
Ce fabuleux destin que tendresse arraisonne;
Et qu'à part une tombe, il ne reste de nous
Au sommeil d'un tiroir que d'émouvantes lettres,
De romantiques mots, aux côtés des bijoux
Qui furent complément d'une beauté champêtre.
Comme un vent doux de mai disperse ses parfums,
Que le ton des écrits ravive la magie,
Le souffle solennel de rutilants quatrains,
La douceur des beaux jours ivre de poésie.
Peut-être que ces mots que l'on croyait perdu
Abandonné de tous, renaîtrons de leur cendre
Pour un amour nouveau en quête d'absolu,
Sur la page irréelle où palpite le tendre.
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