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Elle a tant de châteaux, de belles cathédrales
Qu'il faut pour son mérite un honorable sceau,
Son histoire est écrite en lettres capitales;
Elle a connu l'épée autant que le fléau.
Des plaines de l'Alsace aux monts des Pyrénées,
Je l'aime à volonté de l'Est a l'Occident,
Terre où fleurit le lys, l'eau pure des vallées,
Elle imprègne mon cœur, ma tête également.
Il est dans le Midi des merveilles Alpines,
Où l'améthyste et l'or concurrencent l'azur,
Des vallons escarpés où le son des clarines
Se propage au soleil dans un écho si pur
Que même l'air en tremble aux abords des églises,
Quand l'été triomphant se consacre au sacré
Des moments les plus beaux, comme au temps des cerises.
Chuchotement de fleurs, frémissement de blé,
Les villages Comtois dans leur nid de verdure
Ajoutent à cette dame une robe de plus;
Dans un acte d'amour la noble agriculture,
C'est l'âme des aïeux, le summum des vertus.
Elle est un peu ma mère et le Doubs ma rivière,
J'aime sa transparence au sourire du jour,
S'il pouvait accueillir mon ultime prière
Pour retrouver les lieux de mon premier amour;
Je finirais heureux, l'âme mélancolique,
Mais déjà satisfait d'avoir le cœur en paix.
Afin de ne trahir le pays des colchiques,
J'effeuillerais les fleurs de mes petits secrets.
La nature est un art, à la beauté suprême,
Des contreforts Alpins, aux rivages du Nord,
Celle des vieux clochers, c'est la France que j'aime,
La blondeur de ses blés c'est sa couronne d'or,
Laissant d'autres vanter, villes, Champs-Élysées,
Je préfère et de loin la Beauce, ses greniers,
La Provence et Pagnol, les terres cultivées,
L'Ardèche et ses sommets, celle des châtaigniers.
Voila le livre d'or de ma terre natale,
Un jardin où les fleurs parfument le passé,
C'est aussi les aveux d'une encre pastorale
Qui puise ses trésors du terroir enchanté.
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