|
Cette lettre est pour vous, ma fragile mésange,
Elle contient mon cœur et même beaucoup plus,
Si vous sentez parfois le langage d'un ange,
Un plaisir sans pareil, sous des vers imprévus
C'est que chez moi l'amour est une tendre chose;
J'ai pensé bien souvent, devinant votre goût,
Qu'il fallait à vos yeux, sinon, une encre rose
Au moins des mots fondés, les mêmes que l'on coud
Au giron d'une mère au creuset de son livre.
Dès que d'heureux oiseaux habitent le jardin,
Est-il plus doux billet, qu'une âme qui se livre,
Plus romantique écho qu'un battement sanguin.
Profitons du bonheur de longues fiançailles,
Que sans la bague au doigt, s'allonge le jardin
Où prospèrent les fleurs, les fruits et les semailles;
Comme renaît le jour aux portes du matin.
L'aurais-je donc rêvé, j'ai tout aise à vous dire
Que mon vœu le plus cher, au moment du trépas,
Serait que votre main, vienne la mort, dédire,
Afin que l'éternel amour vive, ici-bas.
Reposer dans vos yeux, c'est beaucoup plus qu'un rêve,
Finir auprès de vous, voilà le Paradis;
mon excessif souhait, que vous soyez mon Eve,
L’interminable amour, de la tombe à jadis.
S'il faut vous définir un mot me vient... sublime,
Votre éminent visage, au sourire si doux
Arrime dans mon cœur le soleil à sa cime;
Aux prémisses du soir, vos yeux sont des bijoux
Que je voudrais garder, au-delà du visible,
De même ces instants, toutes ces heures là
Inscrite au Panthéon, à l'encre imperceptible
De nos vagues d'avril; sous cet heureux climat
Dont se nourrit la flamme, à l'aube des fontaines,
Cette terre où l'amour ne se limite pas
Aux éclairs du début, à l'ambre des semaines.
Quand chante inaltérable au ventre des lilas,
Le fabuleux oiseau, préfaçant toute histoire;
Un bruit d'ailes lointain, parle de souvenir,
Sa douce nostalgie est une balançoire,
Tout aussi flamboyant, qu'un éminent saphir.
Dès que je pense à vous ma tendre bien-aimée,
Un éclat de soleil, illumine mon cœur,
Aussitôt une source arrose ma pensée;
Que je voudrais pouvoir vous construire un bonheur
Qui ne s'abîme pas, en toute circonstance,
D'un invincible attrait, irrésistible et doux,
Être ce colibri, né de votre indulgence,
Mon Dieu, que j'aimerais, tout vous dire à genoux.
Combien je suis heureux d'épouser votre image,
De rêver à vos yeux; à vos fruits défendus;
Chaque aube auprès de vous est un riche voyage,
Je fais dans votre lit des rêves suspendus.
L'idéal féminin, que j'aime à la folie,
Est le portrait de vous, émouvante beauté,
Caressant vos contours, en vers je vous délie
Puissent-ils vous l'offrir, l'auguste éternité.
|