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Élégie des larmes
Oh, larmes qui tombent, perles de mon néant,
Vous êtes le cristal de mon cœur déchiré,
Chaque goutte est un souffle, un parfum dévorant,
Qui glisse sur ma peau, tel un vent empoisonné.
Dans le miroir triste de mes nuits sans sommeil,
Je vois danser les ombres de mes anciens songes.
La douleur me caresse, douce comme un cercueil,
Et mon âme se meurt dans ses sombres mensonges.
J’ai traversé l’ombre où les anges se moquent,
Où le temps suspend sa cruauté infinie,
Et chaque souvenir est une rose qui se choque,
Ses épines plantées dans ma chair meurtrie.
Mais au fond de l’ombre où mon espoir s’éteint,
Brille encore un feu, fragile et révolté.
C’est le chant de mes larmes, mon unique destin,
Qui transforme mes pleurs en or glacé, doré.
Ô solitude, amante noire et silencieuse,
Tu m’enlaces de tes bras de velours morbide,
Et je bois ton venin, ivre et mystérieuse,
Dans un rêve où la tristesse devient splendide.
Ainsi je pleure, artiste des douleurs profondes,
Chaque larme un vers, chaque soupir un poème,
Et dans l’abîme noir où mon cœur vagabonde,
Je trouve l’éternité, étreinte de mon thème. 
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