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L’Abbatiale
Lorsque je suis entré, j’ai respiré les pierres
Qui depuis tant de siècles ressuscitent la foi,
Fasciné par le jeu de l’ombre et la lumière
Prêchant l’Eternité sur une simple croix.
La beauté se nourrit du manque d’esthétique,
Seul le dépouillement habite en ce lieu,
Un Prie-Dieu, des vieux bancs et puis quelques reliques
Pour unique trésor et bien le plus précieux.
Ici, dans ce berceau de la sobriété,
Un brin d’humanité vient habiter les âmes,
Le silence répond, même sans lui parler
Et sous les yeux du Christ on voit couler des larmes.
Ici des arcs-en-ciel incendient les vitraux
Pour que brûle dehors le désordre du monde,
Taillés dans du calcaire, de jeunes pastoureaux
Conduisent leur troupeau vers des terres fécondes.
Là où la paix s’écrit, où les guerres se gomment,
Là où le pain se mange comme une offrande à Dieu,
Là où le vin se boit sans que le sang des hommes
N’abreuve les sillons des pacages herbeux.
Pendant que le vaisseau de pierres appareille,
J’invoque le Mystère de la Nativité,
Une bougie s’éteint, je vois couler son miel,
L’Abbatiale s’endort, les anges vont veiller.
Avant de la quitter, la musique s’impose,
Un Prélude de Bach pianote dans ma tête,
Les harmonies unissent les êtres et les choses
Comme les rimes unissent les Muses des Poètes.
Claude
Ecrit le 5 Septembre 2025
Image : Abbatiale Sainte-Foy à Conques (Aveyron)
Illustration musicale :
Prélude N° 1 de Jean Sébastien Bach
interprété au piano par Alexandre Tharaud
https://www.youtube.com/watch?v=iWoI8vmE8bI
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