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Hier étant assis sous la verte ramée,
Un livre entre les mains, à cette heure du soir
Où le paisible esprit rejoint sa destinée;
Dans un moment pareil toute âme est un miroir.
En ouvrant mon livret glissa d'entre deux pages,
Une blanche enveloppe, aux liserés d'argent.
Mais depuis quand dormait parmi tous ces ambages?
Cet épître amoureux, au style rayonnant.
Cette lettre disait l'aventure incroyable
De deux cœurs suffocants d'une même saison;
Leurs jours étaient en fleurs; leur tendresse adorable;
Chacun gardait pour l'autre une encre en floraison.
Sur le vélin exquis chaque âme à tour de rôle
Angélisait les mots, avec fidélité.
Le pli semblait un lys qu'un papillon bleu, frôle,
Un quelconque jardin, que touche la beauté.
Son écriture à elle, en partant de la marge,
Minuscule souris, d'un frisson merveilleux
Parcourait le linceul, comme un timide orage;
Alors que de sa plume, aux chatoiements soyeux,
Lui, vénérable oiseau, par sa méthode exquise,
Sautait de branche en branche avec dextérité
Ne manquait à leurs mots, qu'une petite église,
A dessein d'accueillir la sainte éternité.
Se peut-il que l'amour, de sa flamme s'apaise,
Comme sombre le jour dans les bras de la nuit,
Que succombe un serment comme meurt la braise
Et qu'il n'en reste rien que le vide infini?
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