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Silences inflexibles.
…..Un Silence obstiné environne les Vies, un Silence intraitable, impérieux, muré qui barre et garde et frange la Forme originelle, cousue d’Ombre, l’Essence de Toujours des Existences, leur Face aveugle, inconnue à Jamais des Autres et de Soi-Même mais qui, peut-être, exerce sur la Face apparente, en Sourdine, à notre Insu, un Ascendant, un Influx dont nous ne sommes pas Maîtres, comme au Miroir les Reflets attachés, le Déroulé continué des Sensations, des Emotions et l’Incommensurable des Relations, Paroles et Regards, Consentements, Refus. Un Retrait surpuissant, tenace, nous accompagne et nous abrite de son Ombre, du Naître vers la Mort, une Ombre qui tremble dans le Corps et la Langue, ses Echos et ses Traces, troue le Réel… Ce Silence inflexible, est-ce la Chose en Nous éperdument désirée, éperdument perdue, à Vrai dire, la Crypte d’Origine ?…..
Altérations.
…..Toute Altération nous fascine, nous atterre. Voici soudain l’Inintelligible, le Voile à demi arraché, levé sur le Visible tremblant et le Visage des Choses ! Voici l’Eclair zébré sur Fond désespérément noir, le Fouet de la Blessure ou la Tumeur des Cicatrices, le Corruptible à l’Oeuvre sur la Chair violacée du Réel ! Voici, pointés d’un Doigt exact et nu, la Tache au Miroir révélée, le Soulèvement de la Peau rougie de Craquelures, les minuscules Ravines des Rides de la Main, les Empreintes et les Marques !...Voici l’Aigreur du Vin trop longtemps exposé, le Drame de la Dessication et la Moisissure répulsive du Pain ! Voici un Vêtement inexplicablement troué, une Assiette ébréchée, la Brisure d’un Couteau, des Loques tassées dans le Fond d’une Armoire, Odeur et Signe du Putrescible et Traces du Jadis ! Accidents matériels soudain porteurs en Nous de la Possibilité de la Mort et de son Effectivité. De l’Absence. Des Restes inutiles. Alors nous rêvons des Ombres. Nous voyons et rêvons du Silence…Il est pourtant d’heureuses Altérations, je songe à la Maturation juste du Raisin dans l’Automne qui s’avance, à toutes les Promesses non-tragiques de Bonheur, à la Vie continuée malgré les Ombres et le Silence !…..
Heures sombres.
…..Ils durent peu, les Enchantements. L’Extase, la Transe et l’Illumination censées révéler le Mystère, défaillent, perdent leur Efficace et les Devins se taisent, laissent tomber leur Masque. Alors, reviennent les Heures sombres, le Néfaste et le Prosaïque des Jours. On range les Défroques inutiles. La Magie invoquée s’est retrouvée inopérante. Le Grand Art voit ses Vertus déchoir, déchues. Demeurent les Soleils noirs, les Heures sombres…..
Amont perdu.
…..Amont perdu des Choses et des Vies. Au Loin toujours. Nous sommes emportés…..
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