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Ma cambrousse Comtoise, authentique campagne
Arrive avec ses eaux, à moudre dans mon cœur,
Des airs de piano, que la grive accompagne,
Sous l’œil ravi du geai qui tremble de bonheur.
Je porte en moi son ciel, sa terre nourricière,
Son chapelet d'étangs et ses senteurs de foin,
Quand l'été bras ouvert récite son bréviaire,
Que le jour sanctifie; à l'heure du sainfoin
Il offre à mon sommeil, d'inoubliables rêves,
Son charme me promène au ventre des vallons,
Sur les rives du Doubs, aux lumineuses grèves,
Sur les flots paresseux d'élégantes moissons.
Ma mémoire est sensible au grain de la pensée
Et s'accorde parfois, d'un chemin clair-obscur;
Un simple souvenir, l'éventail d'une orée
Peut rouvrir dans mon cœur, un sentiment si pur
Qu'une odeur me revient, celle de l'aubépine
Et je revois alors la forêt du Mont-Bart,
Ses talus escarpés, que l'averse ravine,
Son éminent sommet, qui prête à tout regard,
Les faveurs d'un tableau, tellement romantique,
Aux reflets chatoyants, si velouté le soir,
Qu'il semble aux amoureux, une contrée antique.
L'extravagant vestige, au fidèle encensoir,
Ressuscite un passé, que le progrès toxique
N'a toujours pas vaincu, le terroir Franc-Comtois
Avec ses vieux clochers, son modèle utopique
Est dans l'air actuel, un théâtre grivois
Qu'il me plait de revoir, quand la paille parfume,
les environs de Maîche, à deux doigts de Morteau;
Le dessin des murgers qui semble d'un costume
L'émérite couture, accordant le plateau.
Quand haletant l'hiver croque le territoire
Et pose des scellés sur les bois ébahis
Alors que les oiseaux visitent la mangeoire
Dans son caban d'hermine, il faut voir mon pays.
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Dès que la neige habille en début de soirée,
Cultures et terrains, étables et hangars,
Pour le rustaud Comtois, il reste la veillée,
C'est devant le foyer qu'il prise un bon pinard.
Si je vénère autant ma modeste patrie,
Bien au-delà de tout, d'un tact religieux
Qui me touche vraiment d'une cause attendrie
C'est qu'en son sol repose autant de mes aïeux
Et le plus émouvant, parmi eux, une fée
Ainsi que ses enfants, voici pourquoi mon cœur,
Garde une part d'amour pour cette terre-aimée
Qui coule dans mon sang, voilà pour la teneur.
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