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Si la vieille maison lentement se recouvre
D'une vigne exaltée, où niche le moineau,
C'est bien que notre amour est, sans être le Louvre
Un noble mausolée et ne sera tombeau
Que seulement le jour où s'ouvrira ma tombe
Et que ta cendre, au vent, d'un écho vaporeux,
A l'heure calme et tiède où chante la colombe;
Caressera les fleurs de notre chemin creux.
Ce que je veux t'offrir, avant l'apothéose,
Ma solennelle fée au sourire enfantin,
C'est l'insolent pouvoir que possède la rose,
Être pour ton présent ce qu'est l'aube au jardin,
Une tonnelle en or que l'abeille visite,
Un souffle doux de mai, faisant pâlir les lys,
Le rire cristallin d'un cours d'eau sans limite,
Être ton beau printemps au charme de jadis.
Les ans effaceront l'éclat de notre église
Et ce bien précieux, qui s'appelle l'amour,
Deviendra merveilleux, d'une façon exquise,
Un moyen de séduire ou de faire la cour,
Peut-être renaîtra, tout à notre avantage,
Pareille à notre histoire, une œuvre de nos doigts
Dans la bouche d'un autre; une sorte d'hommage,
La musique d'un ange, aux cordes d'une voix.
Rien ne pourra fléchir ce que l'amour abrite,
C'est de désirs brûlants que nous aurons soufferts;
Nous savons tous les deux que l'amour se mérite,
C'est sur un trône d'or, étincelant de vers
Que je veux t'inviter, ma beauté que j'adore,
D'autant plus que le temps, de son rapide cours
Emporte le plaisir, les saisons, qu'il dévore;
Éloignons ce moment en nous aimant toujours.
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