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Solitaire
Il est une errance dans sa nuit
Quand ses jours se sont perdus en gris,
Et si parfois il parle aux nuées
C’est que son silence est trop pesant.
Il avance en imagination
Vers des univers peuplés de rêves
Là où la foule presse ses pas
Dans des mondes qu’elle croit réels.
A son bras ne se pend que l’absence,
Celle qui accompagne ses heures
Quand, la tête penchée sur le vide,
Il attend une présence aimée.
Une force venue d’un ailleurs
Fait de lui l’étranger sur la terre,
Et quand il veut bien ouvrir ses bras
Des cœurs fermés freinent ses élans.
Alors du fond noir de sa tanière
Il apprend que la seule sagesse
Est de vivre la vie qu’il faut vivre
Sans passer par la raison des foules.
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