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SAINT VAL en THYM (Humour)

le samedi 15 février 2025, à 00:36. Posté par Claude


    SAINT VAL en THYM


    Ce n’est qu’une bourgade de quelques habitants,
    Mais on s’y aime ici plus d’une fois par an,
    Dès que vous y entrez, si vous dites : ‘’ c’est beau ! ‘’
    Vous êtes à coup sûr tombé dans le panneau.

    Ses Gorges très profondes sont prémices d’envies,
    Il y a du beau monde à ses balcons fleuris,
    Pour atteindre Saint Val, on ne fait pas de pause,
    On est plus que pressés…il s’y passe des choses !

    Le sentier qui y mène passe par l’Amourette,
    Simple petit hameau où l’on conte fleurette,
    C’est après seulement qu’on poursuit son chemin,
    Compostelle à côté est vraiment moins coquin.

    Pour aller à l’endroit où se nichent les cœurs,
    Certains venus de loin crapahutent des heures,
    Pas le moindre mulet, la moindre diligence,
    Et pendant le trajet, on brûle d’impatience.

    Ici, rien d’interdit, d’après les témoignages
    C’est pire mes amis que l’amour à la plage,
    Pas de Grand Chartreuse, d’Abbaye de Sénanque,
    Pas un seul moinillon n’y a trouvé de planque.

    Pas de lieu de prière, non pas d’apriori,
    Puisque l’on se confesse seulement dans un lit,
    Mais ça reste gentil, sans aucune débauche,
    Où chacun prend son pied en s’roulant des galoches.

    L’Amour y est partout, caché derrière les haies,
    Mais pas question d’y voir des Brigitte Lahaye,
    Car les filles d’ici surpassent les Pip Show
    Les pipes qu’elles vous taillent sont pas dans du bouleau.

    L’accès est très ‘ Commode ‘, le ‘ Buffet ‘ campagnard,
    Même José Bové y vient faucher peinard,
    Dans l’auberge espagnole, le lit est toujours prêt,
    Et il a du ressort…du moins il en avait.

    On croit de temps en temps que la charpente craque,
    C’est plutôt le plumard car il est bien patraque,
    Aucun des amoureux n’est venu pour dormir,
    A travers les cloisons, on les entend gémir.

    Le lit va-t-il tenir ?
    Non, ce n’est pas certain,
    Si ça peut vous ravir…
    Vous le saurez demain.

    Etudiants en Amour, c’est l’endroit idéal
    Où même sans l’écrit, on peut passer l’oral,
    C’est là qu’un Blé en herbe a inspiré Colette
    Et que Gavroche y fit rien qu’un brin de Cosette.

    L’air est vraiment très pur mais l’odeur qu’on respire
    Sent un peu l’After Chèvre… la bergère transpire,
    Et quand on a fini les succions peu farouches,
    Avec l’eau du ruisseau, on se rince la bouche.

    Pas beaucoup de commerces, mais ce n’est pas la dèche,
    On peut vivre à Saint Val, que d’amour et d’eau fraiche,
    L’ADSL non plus n’arrive pas ici,
    Des pigeons seulement font la messagerie.

    Annie, vous fait entrer dans sa confiserie
    Où vous pouvez goûter ses sucettes à l’Anis,
    Au fond de sa boutique, la femme du boulanger,
    La jolie Pomponette attire les minets.

    Ça ne ressemble pas à Saint Germain des Près,
    Pas un seul intello n’habite le quartier,
    Ici on parle amour, on s’enlace, on fricote,
    Les langues se délient et ça vous ravigote.

    Ne vous égarez pas dans le creux des collines,
    Il y a quelques poules aux allures coquines,
    Bien que de basse-cour et fort mal élevées,
    Ce n’est que du gros grain qui peut les rassasier.

    Les jardinières aussi ne sont pas empotées,
    Elles ont la main verte pour tout faire monter,
    Toutes ces belles plantes que l’on veut s’arracher
    Sans prendre de râteau, vous les ratisserez.

    Bien sûr que c’est la Foire certains jours de Marché,
    Elles ne sont pas toutes dans le genre Peynet,
    Sur le bord des sentiers, elles font le trottoir
    Bien prêtes à vous offrir leur produit du terroir.

    Ça vaut bien le détour, côté gastronomie,
    Avec spécialité : l’ Aubergine farcie,
    Et on en redemande de ce diner d’amour…
    Le service est compris avec le plat du jour !

    Les Dianes chasseresses occupent le terrain,
    Mais aucune d’entre elles ne vous posent un lapin,
    De partout Cupidon vous décoche ses flèches,
    Et en plus des canons vous allument la mèche.

    Au milieu du village sous un kiosque à musique,
    On joue du Clayderman…pour faire romantique,
    Une chanteuse à poil interprète La foule,
    Et là, c’est le début de la partie de boules.

    Elle enchaine de suite avec : Venez Milord…
    Je ne regrette rien…ou du moins, pas encore !
    Mais il me faut finir avec la bagatelle,
    Mes derniers vers iront aux amoureux fidèles.


    Saint Val a vu passer tous les Amours Antiques,
    Mais ne le classez pas Boniment Historique,
    Dans le jardin public se dépouillent les arbres,
    Mais aussi les statues qui ne sont pas de marbre,
    C’est vraiment un Eden aux délices promis
    Et avec Vanessa, là, c’est le Paradis.

    Non, ce n’est pas Venise, pas de Pont des Soupirs,
    Un petit pont de bois suffit pour vous séduire,
    Laissez- vous embarquer et perdez la boussole,
    Le coeur peut chavirer sans la moindre gondole.

    On séjourne en ce lieu fidèle ou infidèle,
    Les secrets n’y sont pas ceux de Polichinelle,
    On les garde pour soi, personne ne les sait,
    D’ailleurs pour vivre heureux, ne vit-on pas cachés.

    Et quand l’heure viendra du tout dernier baiser,
    Faites que l’on m’enterre au pied du vieux cyprès
    Et qu’elle me rejoigne quand Dieu prendra sa main
    Pour perpétuer l’amour, là à Saint Val en Thym.

    Faites-moi une ‘fleur ‘ ! Ne la cueillez jamais…
    Car si Saint Val mourait, ce serait le ‘ bouquet ‘ !


    Claude
    (poème écrit il y a plusieurs années)

    Illustration musicale :
    https://www.youtube.com/watch?v=-RikO4gqV8E

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