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Les filles de l’ombre
Les lumières de la ville comme des arc-en-ciel
Reflètent dans les flaques leur nuit décolorée,
Les néons des vitrines se cherchent un soleil
Pour voir couler les pleurs des filles maquillées.
Dans les ruelles étroites, elles pressent le pas
Vers ces amants d’un soir qu’elles doivent rejoindre
Et les reflets d’argent qui glissent sur leurs bas
Donnent au simple passant l’envie de les étreindre.
On entend le tic tac de leurs talons aiguilles
Qui sert de métronome aux pavés du trottoir,
Mais au fond de leurs yeux où la misère brille,
La peur et le dégoût vient violer tout espoir.
Hasard d’une rencontre…une main s’est posée
Et caresse déjà une peau noire ou blanche,
Alors, elles se donnent et puis les yeux fermés
Miment un peu d’amour d’un mouvement de hanche.
D’avoir le corps souillé par ces étreintes brèves,
Elles savent le prix qu’elles devront payer
Pour ces nuits sans sommeil où seuls les mauvais rêves
Sont toujours dans un lit pour les accompagner.
Alors quand elles sont seules et que fond leur rimmel,
Leurs souvenirs d’enfance viennent les rattraper
Comme ces brins de vie qui toujours vous harcèlent
Et jusque à votre mort ne vont plus vous quitter.
La ville va éteindre ses lumières fétides,
La pluie s’en va laver les trottoirs désertés
Un peu comme des larmes glissant le long des rides
Sans qu’un chagrin d’amour ne les ais provoquées.
Claude
( ancien poème )
Illustration musicale :
Blondino : '' Les filles d'aujourd'hui ''
Cette chanson est de Brigitte Fontaine
https://www.youtube.com/watch?v=8IbAv3EeP60
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