Mes poèmes - Moi

 

Le temple

le samedi 05 octobre 2024, à 14:03. Posté par bluegirl2






Aux marches de l'autel un enfant gît immobile
Seul son regard parcourt le reflet des vitraux,
Projetant les rayons qui ondulent sur ses cils
Et feutrent les colonnes d'ornements magistraux.

Les piliers s'élancent sur des arcs de pierre
Morcelés par la lumière qui inonde ses voûtes,
Brisées au cœur des horreurs de la guerre
Les saints n'ont pas pu contenir cette déroute.

La croix trône encore et les anges effrayés
Sanglotent des larmes de poussière,
Car l'horreur comme un disque rayé
Glisse sur l'ombre d'une lame meurtrière.

L'enfant se relève, la tête dans ses mains,
Un battement d'ailes vient troubler le silence,
Celui d'un oiseau qui soulage le destin
Des âmes chargées d'une grande souffrance.

Et il l'allège de cette arrogance
Gravée dans l'histoire du temple pillé,
Où la division survit à l'offense
Ce que le pouvoir a encore endeuillé.


Janvier 2016

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commentaires ( 8 ) (Ajouter un commentaire)
Lola le samedi 05 octobre 2024, à 14:11

Un ancien poème, pour ceux que je n'oublie pas ; )

vertflo le samedi 05 octobre 2024, à 21:49
Bonsoir Lola
Ce poème pourrait avoir comme référence les guerres dites ''Saintes'', comme toutes les autres guerres qui malheureusement se nourrissent des conflits religieux.
Temples, églises, mosquées, synagogues, tout a été passé par les armes et le sera encore malheureusement j'en ai trop peur.
Et dire que les religions (qui à la base devraient nous montrer un exemple de tolérance, de bienveillance, d'amour même) se nourrissent dans certaines de nos sociétés du terreau de la haine et de la violence.
L'enfant de ton poèmes représente la pureté, la tolérance bafouée et violée par les hommes au nom de quel Dieu ?
La souffrance des peuples est hélas toujours d'actualité et ce qui ressort de ton poème, c'est que ce sont toujours les innocents, les humbles, les justes qui payent le prix fort des guerres.
Le Monde lui aussi est comme ce temple de ton poème.
On le détruit, on le pille, on le massacre. Mais comme dans la fin de ton poème, les oiseaux sont peut-être ces anges ailés qui vont comme tu le dis : '' soulager le destin ''
L'homme peut se reconstruire lui aussi comme un temple.
Il ne lui suffit pour cela qu'un peu de bonne volonté.
Je suis ''aux anges'' de te retrouver à nouveau une seconde fois cette année avec ce poème.
Continue de prendre ta plume, tu as beaucoup de choses pertinentes et intéressantes à nous dire.

Avec toute mon amitié
Bises
Claude

josecoelho le dimanche 06 octobre 2024, à 11:35
Ce poème semble clouer au pilori et renvoyer dos à dos toutes les formes de pouvoir, religieux comme laïc.
Et il est vrai que l'histoire ancienne comme récente nous donne pléthore d'exemples de massacres et persécutions menés au nom de religions instrumentalisées (qui conduit beaucoup de personnes à apposer un peu trop vite le signe égal entre violences et religions), mais il est aussi nombre d'horreurs perpétrées par des radicalités laïques comme par exemple le nazisme ou encore le stalinisme, donc même sans religion, cette propension de l'homme à nuire au nom d'idéologies est réelle et récurrente...
Je vois l'oiseau qui vient "soulager le destin" des hommes comme l'alliance entre la raison et la religion, seule capable de pacifier les hommes et le monde.
Merci Bgirl, bon dimanche.

imparfaitlibre le lundi 07 octobre 2024, à 10:22
Bonjour Lola,
Ton poème est à la fois la vision tellement innocente d'un enfant qui voit encore de la beauté et de la lumière dans les débris de son existence et la vision tellement réaliste de l'adulte qui comprend que rien ne résite à l'horreur d'une guerre sanglante et destructrice.
Mais où sont les pouvoirs de tous ces Saints qui devraient protéger l'innocence, dans les guerres, les enfants sont en première ligne, ils sont les otages de la bétise humaine et malheureusement tous les enfants ne se relèvent pas mais pour ceux qui réussissent alors peut-être deviendront-ils ces colombes de la paix dans leur vie d'adulte, des colombes qui finiront par vivre dans le respect et l'harmonie des peuples (je sais que cela paraît tellement utopique mais sans l'espoir que nous reste t-il à nous simple humain?)
Lorsque je je regarde les infos, je me dis que chacun des mots de ton poème ne peut nous laisser indifférents car ils sont les tristes reflets des vitraux de l'être !
Comme de quoi, il y a des anciens poèmes que l'on peut remettre en ligne régulièrement tant rien ne change et surtout pas les guerres dans ce monde et même s'il est impossible d'établir une échelle dans la souffrance qu'engendre les guerres, celles des religions est sans doute la plus difficile à comprendre car, quelque soit le nom que l'on donne à Dieu, il n'y en a qu'un seul pour tous les croyants !
Merci pour le réalisme de tes pensées et pour ce plaisir que tu nous donnes en revenant nous voir.
Grosses bises à toi chère Lola

Lola le lundi 07 octobre 2024, à 21:40

Bonsoir Claude, José, Patricia,
Le coté religieux n'est qu'une facette du décor, pour mieux souligner peut-être le parallèle entre la ruine d'un temple, qu'il soit église, mosquée, pagode, synagogue...le symbole est la neutralité ici bafouée...et la ruine de la pureté imagée par l'enfant, sa blessure...une double offense, devenue ordinaire dans certaines régions, tout cela parce que que le pouvoir -religieux ou pas, en effet- se nourrit de la division.

Est-ce que la haine se propage plus vite que l'amour ? Qui devrait protéger l'innocence ?

Seul l'oiseau donne un répit dans ce décor bien sombre, car même dans la plus profonde obscurité, un rayon de lumière peut percer.

Merci pour vos réflexions et vos encouragement.
Bises à vous trois,
Lola.



bluegirl2 le lundi 07 octobre 2024, à 21:46

En complément, un extrait de ce que j'avais répondu aux commentaires en janvier 2016 :

Alors je vais raconter ma perception, qui n'est pas une directive puisque chaque perception a sa légitimité et que je ne suis plus tout à fait maître de mon écrit dès lors qu'il est partagé et potentiellement malléable dans la limite de mon souhait de progresser mentalement et dans le style.

Ce que l'ambiance mystique exprime ici, c'est le profond respect que j'ai pour l'enfant, son devenir, LES lieux de culte et LES religions.
Ce qu'il laisse sous entendre (et que j'assume), c'est ma désapprobation profonde pour le clergé, le deuil qu'il porte, et les artifices qui s'y rattachent.
Car derrière la description d'un art magistral qui inclut les vitraux, les colonnes, les ornements, les jeux de lumières...ect...il y 6 vers où les seules malheureuses allusions à l'enfant, c'est qu'il gît et que son regard se perd ! Bref l'art passe ici avant avant l'humain, pour faire beau !!
Et puis j'en arrive à l'horreur de la guerre, que les saints n'ont pas pu contenir, preuve s'il en fallait qu'au delà du titre, un saint est quelqu'un qui ne peut pas plus que le citoyen lambda modifier le cours du désastre.
Ensuite la croix qui tient bon sans allusion au messie, est censée relever cette association abusive, car Jésus est essentiellement symbolisé par CE sacrifice.
..

Rachelle le vendredi 11 octobre 2024, à 07:54
Lola, mon amie poétesse, j'aime beaucoup ta poésie, elle est très bien écrite, avec des belles métaphores, merci beaucoup pour cette belle lecture très intéressante, gros bisous d'amitiés de Rachelle, ton amie poétesse Rachelle très féminine avec grand plaisir tout le temps ! www mes poèmes.net funky 571, et c'est un immense plaisir de te revoir sur notre site de poésies,, j'espère sincèrement que tu vas bien, que tout va bien dans ta vie, gros bisous d'amitiés de Rachelle !

vertflo le samedi 12 octobre 2024, à 19:08
Re Bonjour Lola

Merci pour toutes ces précisions très importantes qui argument bien ton texte.
Il est toujours bien de savoir ce que l'auteur d'un texte a voulu faire passer comme message, même si comme tu le soulignes très justement :
'' Dès que le texte est partagé par les lecteurs, l'auteur n'en est plus le maitre, en quelque sorte, il prend une autre dimension et il suscite d'autres interprétations ''
Cela dit, le thème développé par l'auteur reste quand même le ''détonateur'' d'autres prises de conscience du message que l'auteur a voulu faire passer.
C'est l'auteur qui fixe une ligne directive et ensuite c'est à chacun selon sa sensibilité de prendre d'autres chemins qui jalonnent le texte.
Je te remercie pour ton long commentaire plus que nécessaire à mon avis.
Comme cela a été di tsur le site, ce sont les commentaires qui font vivre le site plus que le poème en lui même.
J'irai presque jusqu'à dire que le poème est un ''prétexte'' pour déclencher un débat.
Certes, dès fois ce n'est pas évident d'échanger avec des commentaires, mais c'est quand même un beau moyen pour dialoguer ''philosophiquement'' sur des sujets qui sortent des sentiers battus ordinaires.
J'aime bien ton questionnement :
'' Est-ce que la haine se propage plus vite que l'amour ?''
Malheureusement vu ce qui se passe dans le monde actuellement je pense que la haine et la violence détruisent complètement l'amour.
Tu parles de profond respect pour l'enfant et son devenir.
Tout ce que l'on propose aux enfants maintenant sur internet et à la télé surtout, ce sont des images de massacres et d'inhumanité.
Effectivement, les anges et le saint Esprit sont aux abonnés absents;
Le Très haut vénéré qu'il existe ou pas ne fait rien et ne peut rien faire je pense.
Ce sont les hommes qui sont avant tout maîtres de leur destin et pas les divinités.
Mais là , ce serait encore un long débat et hélas, comme à la télé, il y a trop de débats et pas assez d'actes.
Tout le monde se ''gargarise'' de paroles, c'est à ''vomir''.

Bien à toi
Amitiés
Bises
Claude

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