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Je t’ai tant désirée, souhaitée, espérée,
qu’au hasard de la brume, quand sonnent matines,
et que mon âme vagabondait, ballotée
sous l'ivresse subtile des risées marines,
Tu es venue à moi du bout de la jetée
à travers la pluie, ton visage trempé,
ta coiffure défaite, ta robe essorée,
Au cœur de la nuit tes yeux pétillant de vie,
Alors tu as ri que je te regarde ainsi,
sans fard, parée de ta lumineuse jeunesse ;
de cette nouvelle aube divine prêtresse
sous la brise marine tu t'es retournée
enfantant contre mes lèvres tout un brasier
d'étoiles qui depuis peuplent mon âme esseulée.
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