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Avant qu'un blanc manteau de neige, ne recouvre
Mes pas sur le tracé des romarins en fleur,
Que la voûte des cieux ne devienne mon Louvre
Je vais vous dévoiler les pages de mon cœur.
Me voici face à vous, atteint de frénésie,
J'aimerais tant pouvoir susciter l'intérêt
D'un désir inédit; l'ultime tragédie
Ne saurait être triste et pas plus un arrêt.
Point chez moi d'hymnes d'or et pourtant sous le givre,
Rutile une moisson dont l'ultime senteur
Imprègne mon esprit, tout autant qu'un vieux livre,
Ressuscitant d'avril, son sourire enchanteur.
Du côté d'Amphion, je sais que dans son urne,
Le palpitant d'Anna* demeure intemporel.
Une belle façon de défier Saturne,
Le cœur de mon aimée en place d'un Autel
N'aura point de coffret, de sombre reliquaire,
Mais l'éclat éternel que garderont mes vers,
La splendeur d'un linceul où la page solaire,
Affrontera bien mieux le froid des longs hivers.
Fatal amour, mes sens érigeront pour elle,
Dans un miel poudré d'or le monument d'amour
Que méritent ses yeux, d'une œuvre solennelle,
D'un élan implacable arrivera ma cour.
J'entourerai son cœur des sons qu'elle préfère,
Pour que jamais le temps ne couvre sa beauté;
Sans le moindre répit tel les grains d'un rosaire,
Mes mots l'honoreront, consacrant le sacré.
C'est avec ces billets au message immuable,
Qu'au levant, j'élève un mausolée idéal;
Afin que pour longtemps subsiste inoubliable
Son charmant souvenir richement capital.
*Anna De Noailles
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