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Ce soir seul dans la chambre un bonheur ineffable
Enveloppe mon corps aux marches de la nuit;
Profitant du soleil de la lampe estimable,
C'est à des aubes d'or, flammes de mon esprit
Que je rêve de toi dès qu'en mon for s'allume
Ton visage enfantin, qui répand sa chaleur;
Cet or qui se promène avec force parfume
La fascinante braise au midi de mon cœur.
Est-ce l'enchantement, est-ce les fleurs du vase?
Qui répandent ce souffle au plus profond de moi,
Cette saveur d'enfance analogue à l'extase,
Où se mêle au bien-être un agréable émoi.
C'est d'un maître respect que j'effleure les pages,
Bénissant à jamais l'incroyable destin,
Le regard ébloui par de tendres images,
C'est d'éclatants rubis que dépose ma main.
Les gouttes de mon cœur abandonne au poète,
De succulents frissons, comme un vent sur les blés,
L'encre couvre d'amour, ma brûlante requête,
Ce poème est le tient, toutes les voluptés
Caresseront tes yeux où l'étoile se pose,
Il me suffit de croire à cet archipel d'or
Pour savoir que ton cœur est une blanche rose.
Je veux t'offrir aussi l'aube de messidor.
Car c'est toi que je vois quand s'avance la lune,
C'est même ton parfum que lâche le tilleul;
Près de moi, ton portrait sait faire ma fortune,
Possédant ton amour je ne suis jamais seul.
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