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PARIS, 1900 (Hommage à Colette)

le vendredi 12 avril 2024, à 08:45. Posté par Philip de Berg


Le siècle finissant bruissait de sa pâleur
Sous un hiver figé, soudain tiède et vainqueur.
Et les galants atours chaviraient bien des têtes;
Paris étincelait sous ses refrains de fêtes.

On se donnait des airs d’écrivains chavirés,
Tanguant dans les salons aux grands lustres dorés
Dans l’éclat dérisoire où se terrait la nuit,
Cette fourbe compagne aux serments éconduits.

Mais loin des falbalas, des tourbillons fardés,
Elle écrit son présent, ces rêves démodés
Quand ses jeunes matins peignaient la nostalgie
Des horizons marins quand, au loin la vigie

Découvrait l’Atlantide ou simplement l’écume
Embrassée par l’aurore au lent parfum de brume.
Et penchée sur sa plume au crissement fiévreux,
Elle rattrape le Temps, cet amant ennuyeux.

Dans la ville endormie, calfeutrée dans l’ennui,
Comme une somnambule au pas qui s’est enfui,
La jeune provinciale a posé son ouvrage
Et d’un geste précieux repart à l’abordage.
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Dans les derniers jours de l’année 1899, Sidonie-Gabrielle COLETTE s’éveillera et s’affranchira du joug de son époux Willy, imposteur et tyran et écrira sous son propre nom les prémisses de son roman « Claudine à Paris ». Le vrai début de sa reconnaissance littéraire

Illustration musicale : Erik Satie – Gnosienne n° 2
https://www.youtube.com/watch?v=MoMP2OXKv9c

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commentaires ( 16 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (Jardin de Lune) le vendredi 12 avril 2024, à 08:53
Bonjour les ami(e)s,
Encore bien KO par le Covid, voici juste un repost (Et d'ailleurs, je ne pourrai rattraper le retard en commentaires de ces derniers jours)

Mais ce repost est dans ma petite série PARIS 1900.

C'était aussi un poème en hommage à l'émancipation tant personnelle que littéraire de cette grande dame et écrivaine que fut Colette.
En commentaire de mon post original, j'écrivais céci :
"Colette, écrivain(e) lumineuse subit les premières années de son mariage avec Mr Willy, flambeur flamboyant, la douleur muette de rester dans son ombre (les premiers romans de Colette furent publiés sous le nom de son mari). Ce n'est qu'à l'aube de l'année 1900, quand allait rayonner l'Exposition Universelle à Paris qu'elle s'émancipa par elle-même, et "partit à l'abordage" du monde qu'elle semblait découvrir après un long sommeil. Ces quelques vers relatent ce qu'ont pu être ces instants dans le décor d'un Paris qui se préparait déjà à mettre en scène la Belle Epoque"
Amitiés à tous et à toutes.
Philip

mariepaule le vendredi 12 avril 2024, à 16:58
Coucou Philip

il me semble que Colette aimait beaucoup la nuit et ses frivolités...

Tu nous replonges dans cet univers où Paris était tout autre.

J'aime la façon en vers d'exprimer un passage de la vie de Colette..

J'aime ce vers qui il laisse notre imagination vagabonder dans des situations qui ne sont peut-être pas celles que vivra Colette.

Et d’un geste précieux repart à l’abordage

Douce soirée Phlip

Philip (Jardin de Lune) le vendredi 12 avril 2024, à 17:28
Coucou, Marie,
Merci d'être passée et d'avoir aimé ce petit poème.
Tu sais mon intérêt historique, artistique et littéraire pour le début du XXème siècle (et la deuxième moitié du XIXème siècle).
Ca me permet de mettre du réalisme dans mes vers.
Si je sous titre mon poème «Paris 1900 », il y a d’ailleurs un double anachronisme de ma part. Il est assuré.
L’action (l’émancipation littéraire de Colette, de son mari Willy) se situerait plus entre 1910 et 1920.
Elle supporta Willy jusqu’en 1907 et c’est un peu après 1920 qu’elle révéla qu’elle écrivait sous son propre nom. Et c’est vraiment à partir de 1920 qu’on parla des « année folles ».
Colette n’était pas foncièrement dans cette mouvance.
Et l’on ne parlera pas de « vie dissolue », elle assumera à un moment de sa vie une bi-sexualité à la rencontre avec Missy. La relation était ambigüe entre le couple Willy et Missy, dès cette année 1907.
Quant à dire si Colette « vécu ces situations imaginaires » (un certain Paris qui aimait la fête, la légèreté insouciante, mais pas nécessairement le libertinage) on pourra supposer que oui, dès lors où elle vécut toute sa vie à Paris, dès lors où elle eu de la renommée. Il faut dire qu’elle mourut après guerre (en 1954)
Sa renommée pendant les années folles lui permit de fréquenter autant les salons que les boulevards.
Voilà quelques petites précisions, Marie
Gros bisous et bon week-end qui s’annonce.

imparfaitlibre le vendredi 12 avril 2024, à 19:55
Bonjour Philip,
Tu nous décris un Paris au bord de ces folles années qui émerveillait déjà les femmes et les hommes de cette époque mais qui se voulait encore conservateur en refusant aux femmes ce droit à la notoriété alors dans les salons où les hommes aimaient se retrouver chacun se prenait pour un grand de ce monde mais, bien vite, des femmes sulfureuses comme Colette décidèrent de prendre en main leur destin et partirent à l'abordage de ce monde très fermé des arts et des lettres.
Colette fut l'une des plus célèbres romancières de son époque et c'est elle qui lança la mode « garçonne ». Elle eut une vie sentimentale plutôt tumultueuse et fréquentait les bars homosexuels de la capitale.
Ton poème retrace le Paris de cette époque avec ce côté fête et lumière pour les hommes de la haute société et ce côté plus sombre et ennuyant pour leur épouse.
Les années 1900 ont vu la naissance d'un nouveau siècle où les portes se sont enfin ouvertes pour tout le monde et heureusement !!!
Merci pour ce poème qui remonte le temps et pour ce tableau avec la cathédrale en fond les trams de chaque côté de cette avenue qui brille comme si il avait plu le jour où la peintre a immortalisé ce moment.
Belle soirée à vous deux et j'espère que dans quelques jours vous serez complètement rétablis.
Bisous Philip

Rachelle le vendredi 12 avril 2024, à 23:35
Chèr Philip, j’aime beaucoup, j’adore ton poème, il me fait voyager dans Paris en 1900, l’époque où je n’étais pas née, mais j’aime le style de ton écriture, avec les vers et les strophes que tu emploies dans ton poème, rien que ta première strophe, c’est une merveille, un’délice, le siècle finissant bruissait de sa pâleur, et les autres strophes, c’est idem, c’est une très belle signature poétique, une belle veine poétique, aussi la’peinture est superbe ! j’ai voyager avec grand plaisir dans ton poème, car c’est tellement bien écrit, merci beaucoup pour ce beau moment de lecture, gros bisous d’amitiés de rachelle, ton amie poétesse Rachelle très féminine avec grand plaisir, www mes poemes.net funky571

lucille le samedi 13 avril 2024, à 00:58
Bonsoir Philip

Je n'ai pas connu ce Paris, bien entendu... mais ce que j'en ai visité en passant quelques fois me laisse assez imaginer la scène que tu décris. C'est une ville énigmatique qui cache surement bien des secrets aux touristes tel que celui que j'ai été.

J'ai pris plaisir à faire une ballade dans ce vieux Paris, presqu'un vieux pays... tant le monde tournait autour de cette ville à cette époque.

Contente de lire que tu commences à te porter mieux et d'avoir de tes nouvelles. Amitiés

Philip (Jardin de Lune) le samedi 13 avril 2024, à 08:55
@ IMPARFAITLIBRE :
Bonjour, Patricia,
Tu as raison de souligner que ces années folles étaient quand même un faux-semblant au niveau de ce qui aurait été un début d'émancipation féminine.
D'ailleurs on faisait la fête seulement dans les milieux aisés, les femmes participaient, élégantes et mutines...on en voit des phoitos et gravures. Mais c'était les hommes qui tenaient le pavé (et n'oublion pas, par exemple, que ce n'est qu'à la Libération seulement que De Gaulle donna le droit de vote aux femmes !)
Ainsi, des Colettes, il y en eu très peu.
On aura, dans un autre genre, l'exemple de Coco Chanel. Et quelques autres.
Merci Patricia pour tous ces compléments sur ton com'.
A part cela, on se rétabli doucement.
Bon week end et gros bisous.

Philip (Jardin de Lune) le samedi 13 avril 2024, à 09:56
@ A RACHELLE
Bonjour Rachelle,
Si mon poème t'a permis de "voyager" dans le Paris d'une autre époque, alors j'en suis ravi.
Ce Paris des jours anciens, je sais en voir la trace, de nos jours, infatigable promeneur-découvreur de cette vile qui m'a vu naître et où je vis.
Et quand je vois sur d'anciens immeuble de ces "beaux quartiers" sans tags ni enseignes qui défigure, les dates et signature des architectes ...1900....1920...alors mon imagination fait le reste.
Je me veux un peu comme le reporter-photographe de lieux qui appartiennent au passé ! (sourires)
Bon week-end à toi, chère Rachelle.

Philip (Jardin de Lune) le samedi 13 avril 2024, à 09:59
@ LUCILLE :
Bonjour Lucille,
Il est sûr que Paris cache bien des secrets - et surtout des images oubliées - aux touristes, mais aussi à une grande majorité de parisien.
Il faut aimer l'Histoire et Paris et son Histoire, et les gens qui l'ont fait vivre pour touver - sans trop de difficultés d'ailleurs - ces secrets.
Alors, quand j'écris sur Paris, je fais en quelque sorte le guide, avec toute ma chaleur et c'est un vrai Bonheur
Take care et bon weel-end chère Lucille.
Bises.
Philip.

plumeflore le samedi 13 avril 2024, à 11:49
Bonjour Philip le décor est planté dès les premiers vers et nous transporte dans ce Paris qui devait bien avoir quelque charme enfin pour certains par pour tous je pense les écrivains de ce temps là nous paraissent toujours des êtres incroyables, quelque peu mystique aussi d'ailleurs, des êtres si différent des autres vous avez réussi dans ce tableau charmant de Colette c'est beau de poésie!!
bonne journée et bon rétablissement!
Marc!

Philip (Jardin de Lune) le samedi 13 avril 2024, à 12:38
@ PLUMEFLORE
Bonjour cher Marc,
Oui, il est évident que le Paris de cette époque avait du charme...mais pour certains comme tu le soulignes.
Il y avait un Paris "ouvrier", vivant modestement dans beaucoup de quartiers.
Et les écrivains, tels qu'on les imagine aujourd'hui paraissaient des êtres extraordinaires, et chanceux de vivre une telle vie !
Mais d'ailleurs...il y avait les "envers du décor", même pour eux.
Merci pour ton commentaire et tes voeux.
Le "rétablissement" va tout doux !*
Bon week end Marc
Philip

vertflo le samedi 13 avril 2024, à 20:39
Bonsoir Philip

C'est une époque que tu décris bien et que tu aimes bien je pense.
Le ''Vieux Paris'' t'inspire beaucoup et j'ai remarqué que tes poésies ont presque toujours traits à de ''l'ancien'', histoire de feuilleter un album (mots photos) où il y a un mélange de curiosité, de nostalgie mais avec beaucoup de réalisme.
En effet selon tes poèmes, tu nous fait passer du Paris de Gavroche, du Paris de la misère à celui des années folles avec tout ce ''débridage'' d'oisiveté et de luxe qu'il engendrait.
Deux mondes en quelque sorte dans une même ville, comme dans beaucoup d'autres villes d'ailleurs.
Les beaux quartiers et puis les autres, ceux où croupissent les pauvres.
Perso je n'ai rien contre les Bourgeois, mais ce n'est pas ma tasse de thé car beaucoup d'entre eux ont exploité la misère humaine (pas tous quand même)
C'est comme le chateau de Versailles, c'est très beau mais rien que de penser à ce que Louis XIV a pu créer comme guerre et misère et meurtres avec ses dragonnades contre les camisards et autres personnes jugées hérétiques, ça me gâche le plaisir d' admirer un tel monument, d'ailleurs je n'ai jamais eu envie de le visiter, je préfère visiter une vieille ferme en cévennes, pour moi, ça me touche beaucoup plus.
Bon, mais là je m'éloigne pas mal de Colette.
J'avoue que lorsque j'étais jeune j'ai lu presque tout ses bouquins et il y a cinq ans j'ai voulu les relire et ça m'a franchement barbé.
Mon Dieu , je suis peut être devenu c..en vieillissant.
Cela dit, Colette reste une grande écrivaine et une femme libérée.
Dans ton poème tu as oublié de parler des chats....(rire)
Colette en avait beaucoup et elle les adorait.
Bon début de soirée
Amitié
Claude

capucine812 le dimanche 14 avril 2024, à 06:02
Bonjour Philippe
Merci pour le partage de Paris que je connais juste un peu avec les photos qui sont pour moi une découverte
Amitiés
Maryse

Susan*Coquelicot* le dimanche 14 avril 2024, à 06:34
Coucou Philip,
C'est toujours avec beaucoup de talent que ta plume nous entraîne vers ce Paris des années 1900 ..
Une passion que nous avons en commun , qui nous fascine tout comme l'histoire de Colette ..
Nous qui sommes parisiens depuis toujours aimons découvrir ce qu'était le Paris d'avant , avec ses déboires , ses turpitudes , ses joies aussi ..La vie parisienne !!
Merci Philip des plaisirs que tu nous apportes ..
Je me souviens que tu m'avais acheté un livre de Colette daté de 1954 à un bouquiniste des quais de la Seine ..
La particularité de ce livre c'est qu'il était de l'année de ma naissance ..Mais à l'époque notre chien l'avait déchiqueté !! 😊
Bon dimanche !
Gros bisous

Philip (Jardin de Lune) le dimanche 14 avril 2024, à 07:19
@ MARYSE :
Merci chère Maryse.
Beaucoup de gens (y compris les parisiens) ne connaisssent pas toutes les arcanes de Paris.
Ce qui est normal.
Il faut d'une part aimer cette ville.
La comprendre ? Pas évident de nos jours.
Mais comprendre son passé, ça aide à porter un regard différent.
Très heureux si la promenade t'a plu !
Amitiés et bon dimanche, Maryse

Philip (Jardin de Lune) le dimanche 14 avril 2024, à 18:58
@ SUSAN :
Coucou, Susan !
Ah je me souviens très bien de ce livre de Colette que je t'avais acheté. Notre chien, pourtant adorable l'avait mis en morceau.
Mais, au passage, il avait sévèrement mordillé ma première édition, en Livre de Poche, des Fleurs du Mal (que nous avons toujours, il est encore récupérable !)
Mais, nos recherche de ce Paris qui est notre Ville, que nous savons regarder, sans les trottinettes, les S.U.V. et les travaux, nous allons sans cesse à sa recherche.
Et ces deniers mois, les grandioses expositions sur Sarah Bernhard puis Paris Modernité furent un délice d'immersion dans le passé.
Pour ce qui est de "la vie parisienne" tu connais, à coté de mes chers Debussy, Chopin, Satie et autres rockers, mon plaisir jamais lassé pour m
l'opérette d'Offenbach "la vie parisienne".
Gros bisous.

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