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« Papi , tu crois en Dieu »
Salernes juillet 2017
C’était un repas familial, charmant comme nous les aimons en cette période estivale.
La soirée était encore un peu chaude dominée par le joyeux chahut de la dernière génération.
Les questions fusaient au travers de la table ,les échanges incertains et inaudibles entretenaient un joyeux brouhaha.
Je n’avais peut être pas tout suivi cette persistante « coquetterie « de l’oreille en était certainement la cause.
Quand soudain fusa, impromptue ,improbable la question : »Papi tu crois en Dieu ? »
Je ne sais pas si vous avez vécu une telle situation mais c’est brutal et inconfortable.
Ou vous éludez lâchement, du genre : « Passe moi le rosé » ou vous essayez de faire face,je le fis maladroitement, glissant un timide : »Je ne sais pas ».
Les visages devinrent plus immobiles,réprobateurs,contrariés,je sentis bien que mon statut d’ancêtre ne m’exonérerait pas d’une réponse plus étoffée.
J’essayai instinctivement de retourner l’attaque par un : » Et vous , croyez vous en Dieu ?
La réponse fut rapide,presque unanime: »Non »
Reprenant pied je répliquais : »Il y aurait donc les oui je crois et les non je ne crois pas ; c’est un peu facile et réducteur pour l’esprit,je préfère mon : »Je ne sais pas » qui implique un certain questionnement.
Toujours le scepticisme , l’incrédulité , je fis donc appel dans l’urgence aux souvenirs de quelques auteurs connus s’étant exprimés sur le sujet.
Savez vous ce qu’a dit Louis Pasteur concernant l’existence de Dieu ? Silence…
« Un peu de science éloigne de Dieu ,beaucoup de science nous y ramène »
Voilà un bon sujet de réflexion , non ?
Profitant encore du silence j’enchaînais avec Voltaire :
« L’univers m’intrigue ,je ne conçois pas d’horloge sans horloger »
« Je ne crois pas en Dieu mais je serais bien triste qu’il soit absent au moment de ma mort »
Voltaire aussi cherchait !
Et puis enfin Hubert Reeves :
« Je n’ai aucune preuve de l’existence de Dieu mais aucune preuve de sa non existence, ce que je remarque c’est que toute preuve est inutile aux croyants ».
La brise légère avait chassé les pesanteurs de la journée et ces quelques citations fixées dans ma mémoire me rendirent une certaine sérénité.
Ils avaient tenté un piège facile ( Les fourbes ), maintenant ils allaient se coucher avec quelques questions dans « la musette »
Bises à Alexandre, Mathis, Marine ; les plus petits avaient d’autres soucis.
Pierre T
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