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Les vitraux
Naissance des couleurs dans un berceau de verre
Face à l’obscurantisme de notre identité,
Les vitraux enluminent la foi qui nous éclaire
A travers les icônes de leur miserere.
Rutilantes rosaces sous l’éclat des verrières,
La lumière s’y glisse sitôt le jour levé
Pour clairsemer d’images le missel des prières
Afin que l’univers y soit béatifié.
A les voir on dirait que la vie se morcelle,
Fragmente son histoire pour mieux nous subjuguer
Car en reconstituant les fresques qu’ils révèlent,
Ils offrent au présent l’énigme du passé.
Devant tant de splendeur, jamais on ne se lasse,
L’incroyant, l’infidèle ne peut que succomber.
Ces joyaux nous procurent un tel état de grâce
Que nous croyons à tout ce qu’ils font miroiter.
L’ombre trop éblouie doit fermer ses paupières
Sous le feu du soleil qui va les incendier
Et mettre en valeur les scènes familières
Qui dépeignent le temps de la Nativité.
Ils donnent l’apparence de voler en éclats,
Tant leur image donne cet aspect découpé
D’un puzzle fragmenté, d’un pan de canevas
Que les maîtres verriers ont su reconstituer.
Seraient-ils pour notre âme cette seule fenêtre
Qui pourrait nous permettre de sortir d’un cachot ?
Seraient-ils ce moyen qui puisse nous permettre
De croire à tout les Dieux sans besoin de Credo ?
Et si Dieu existait au-delà des églises ?
Et si tout ce décor m’invitait à prier ?
Et si moi en ce lieu, vêtu de paillardise,
La vue de ces vitraux pouvait m’en rapprocher ?
Voilà ce que j’éprouve quand des êtres célestes
Irradient mon regard tel des azuléjos,
Voilà ce qui me touche lorsque se manifeste
La beauté qui sublime la couleur des vitraux.
Claude ancien poème de 2011 recorrigé.
Illustration musicale :
Let there be light (Que la lumière soit)
Compositeur: mike Oldfield
https://www.youtube.com/watch?v=fRKmK4K6Jew
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