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PROMENADE (PARIS 1900 - 1)

le lundi 25 mars 2024, à 06:01. Posté par Philip de Berg


    Le siècle finissait sous une brume sale.
    Battant le pavé froid sous mes vieilles guenilles,
    Mes yeux remplis d’ivresse guettaient le cœur des filles
    Et comptaient les soupirs des passants sans escale.

    Tout près d’un carrousel, au son d’un orphéon,
    Gémit le cri glacé d’un passant sans cervelle,
    Qui cherche chaque mur gravé sur sa prunelle,
    Comme on oublie le soir sous le joug du bâillon.

    Et j’étais incrédule, aux confins de ma route,
    Egaré comme un loup dans le vieux soir timide
    Quand pleure le faubourg de son ultime ride,
    Me laissant méditer la surprise et le doute.

    Je découvrais Paris, ventre assoiffé de cris,
    Quand les fiacres nerveux chahutaient leur cohorte,
    Bousculant le silence à la dernière escorte
    Où sous les falbalas s’affiche le mépris.

    Le siècle finissait, comme un costume pâle….

    Photo : Philip (Paris, abords du Petit Palais, hiver 2024)

    Illustration musicale : Erik Satie, "Gnossienne n°1"
    https://www.youtube.com/watch?v=y7kvGqiJC4g

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commentaires ( 16 ) (Ajouter un commentaire)
Rachelle le lundi 25 mars 2024, à 09:24
Chèr Philip, magnifique poésie, j’aime beaucoup c’est un beau voyage dans cette époque de 1900, avec des émotions fortes, avec des strophes qui relatent bien ce décor antique, on rentre vite dans le décor avec précision, et c’est très bien écrit comme d’habitude, un plaisir à lire, merci beaucoup pour ce partage poétique, gros bisous d’amitiés de rachelle, ton amie poétesse Rachelle très féminine avec grand plaisir, www mes poemes.net funky571

Philip (Jardin de Lune) le lundi 25 mars 2024, à 09:51
@ RACHELLE
Merci pour ton commentaire, chère Rachelle
J'ai toujours aimé, au plan historique et artistique et autres, cette période contemporaine qui va de la 2ème moitié du XIX° siècle aux années folles. Il se passait tant de chose.
La capitale en a encore gardé le souvenir, et pour nous, cela est propice à des balades où présent et passé se superposent.
Et me facilite l'imaginaire pour ce qui est de l'écriture poétique.
Petit détail :
L'idée du poème m'est venu en classsant la photo de mon illustration (Je suis aussi, passionné de photographie)...
Mais, en réalité, en prenant cette photo l'hiver dernier, si j'avais dans l'oeil ces réverbères à l'ancienne en premier plan d'arbres décharnés et de la Tour Eiffeil au loin...je ne pouvais éviter un lampadaire moderne (sur le côté gauche de la photo)...
Mais ça ne collait plus du tout avec l'intention de simuler une photo qui se passerait au tous premiers jours de 1900.
Alors, patiemment, avec Photoshop, j'ai fait disparaître le candélabre moderne et l'ai remplacé, presque pixel par pixel, par des branchages. Heureusement, on n'y voit que du feu, et ça donne une vraie-fausse photo rétro !
Belle journée à toi, Rachelle.

imparfaitlibre le lundi 25 mars 2024, à 14:30
Bonjour Philip,
Un voyage en fiacre pour cette traversée de Paris (je ne dirai pas à la façon Louis de Funès et Jean Gabin qui eux l'ont fait en 1942 !!! sourire) mais avec le regard rempli de lucidité pour cette époque qui conduisait la France vers ces années folles d'intensité sociale, culturelle et artistique dont les artistes sont devenus des personnes inoubliables et font désormais parties de notre patrimoine.
Paris des années 1900 avec ses fanfreluches, ses excès de tout pour ceux qui se disaient de la haute société, Paris et son pont Mirabeau cher à Apollinaire ou ceux de Baudelaire qui nous conte ce Paris romantique à la fois enivrant, froid et laid dans l'antre de ses ruelles.
Ce Paris qui gronde sous les cris des gens mais aussi sous celui des cloches de sa belle cathédrale et qui inspire Victor Hugo !!!
Paris, ville historique et emblématique de la poésie pleine de mystère à la fois heureuse et malheureuse comme tu sais si bien nous la faire vivre et vibrer sous les mots de ta plume .
Il est facile de voir combien tu aimes sentir, observer, écouter la respiration des rues de cette ville.
La photo est très belle et c'est vrai qu'on dirait une photo de cette époque.
Merci aussi pour ce très beau et mélodieux morceau de piano qui accompagnent toujours avec délicatesse les vers de tes poèmes.
Belle journée de lundi cher Philip
Grosses bises à vous deux

mariepaule le lundi 25 mars 2024, à 15:42
Coucou Phlip
Je vais faire très court

C'est agréable de découvrir Paris à travers tes vers

Bisous Marie

Philip (Jardin de Lune) le lundi 25 mars 2024, à 16:56
@ MARIE :
Coucou, Marie, comme tu le sais je suis un amoureux de Paris, et je connais son histoire bien sûr. Et je connais les lieux qui sont encore restés intacts. Alors, ces ingrédients réunis, j'ai du bonheur à vous faire parcourir une certaine vision d'un Paris (qui a quand même disparu, pour beaucoup)
Bisous
Philip

Philip (Jardin de Lune) le lundi 25 mars 2024, à 17:12
@ PATRICIA :
Ah Paris a été peint, décrit en chanson, au cinéma et bien entendu tous nos grands poètes ont mis à l'honneur ce Paris qui s'est longtemps appelé "la Ville lumière" !
Comme tu l'as deviné à travers mes écrits, je sens le pouls de ma ville depuis si longtemps (je zappe volontairement ce qui à mes yeux n'est plus vraiment MON Paris, l'exercice n'est pas trop difficile)
J'avais écrit et posté toute une série de poèmes sur Paris (le Paris ancien). Je les reposterai avec plaisir. Et continuerai la série de "promenades".
Pour la musique, Satie et Debussy sont parfaits pour une musique nonchalante dans les rues de Paris
Dernier détail quand à la photo. Ca va que la photo esr de taille réduite, car en effet, la grande antenne au sommet de la Tour Eiffel n'existait pas à l'époque. C'est une antenne d'émissions de la télé qui rayonne sur presque toute la capitale.
Mais ça ne se voit pas sur la petite photo.£
Voilà.
Bonne soirée, chère Patricia et gros bisous de nous deux

plumeflore le lundi 25 mars 2024, à 19:51
Bonsoir Philip belle atmosphère de ce Paris qui devait être un Paradis pour les riches et un enfer pour les pauvres, je ne sais pas si le Paris d'aujourd'hui est différent je n'aime pas Paris, pas spécialement Paris toutes les grandes villes ne me font pas envie, par contre j'adore Paris pour tous les livres que l'on peut trouver pour par cher là c'est un véritable Paradis, tout le poème un un cliché clair-obscur superbe, impossible de ne pas penser en lisant aux poètes maudis de ce temps là, j'ai adoré "Bousculant le silence, trois mots qui peigne toute l'atmosphère!!
je vous souhaite une belle soirée!
Marc!

José le lundi 25 mars 2024, à 20:50
Une belle immersion dans ce Paris du début de l'ancien siècle... Tu n'y étais pourtant pas, mais on y croit volontiers... C'est tout le charme d'une écriture bien sentie.
Belle soirée

vertflo le lundi 25 mars 2024, à 23:03
Bonsoir Philip

Et paris sera toujours paris, surtout avec Philip comme guide du temps des années folles...remarque en 14/18 et en 39/45, les années ont été folles aussi, mais pas d'une folie douce !
En lisant ton poème, je me suis trouvé comme plonge dans un bouquin d'Emile Zola : ''Le ventre de Paris '', surtout quand tu dis :
'' je découvrais Paris, ventre affamé de cris ''
Je l'ai déjà dit et je le répète, pour moi, un poème est réussi quand lorsqu'on le lit, en même temps que les mots que l'on découvre, il y a des images, des photos qui se superposent à ces mots.
C'est le cas aussi avec toi, tu es autant metteur en scène et cinéaste que poète.
C'est vraiment de l'Art et pas de l'art mineur.
A côté de toi, je me considère comme un élève du CP alors que tu es déjà en terminale....mais heureusement pour nous lecteurs, pas en phase terminale.
J'ai bien aimé aussi quand tu reprends le début du premier vers, à la fin du poème.
J'ai toujours été friand de ça, d'ailleurs beaucoup de poètes romantiques utilisent ce style d'écriture.
Toi qui connait par cœur les structures d'un poème, tu dois certainement savoir comment ça s'appelle.
Perso, je dirai une sorte de flash back.
Tiens, à propos de flash, je vois que toi aussi tu te mets à retoucher les photos, un peu comme Kate Middelton !
C'est du beau ça ( et pas bossa), tu chasses le naturel maintenant et donne dans la photo truquée !(rire)
Monsieur donne dans le wokisme maintenant ! (rire)
Attention lectrices et lecteurs de ce site, ne donnez jamais votre photo à Philippe, vous ne vous reconnaitriez plus !

Tiens, je ''parie'' que tu vas lancer un défi
avec Paris comme thème.
Bon j'arrête mes conneries.
Pour ton illustration musicale, Satie c'est bien mais je m'attendais à du French Cancan pour faire des Folies avec les Bergères !
J'ai bien aimé ta réponse à mon com sur le poème de Pierre où tu me dit que tu es à Lacan no
Moi demain, je mange à lacan tine !

Bonne fin de soirée
Amicalement
Claude

capucine812 le mardi 26 mars 2024, à 02:26
Bonjour Philippe
Merci pour ce joli partage et cette découverte de Paris 'd'un autre siècle que j'ai beaucoup apprécié
Amitiés
Maryse

Philip (Jardin de Lune) le mardi 26 mars 2024, à 08:38
@ CAPUCINE :
Bonjour Maryse.
Merci d'avoir aimé ce poème.
J'aime bien faire découvrir des lieux, parfois lointain, ou les lieux où je vis.
Et en remontant le temps.
Pour ce qui est de Paris, je connais tellement son histoire qu'il ne m'est pas difficile de m'y projeter. Surtout que j'adore la période qui s'étend de la 2ème moitié du XIX° siècle jusqu'aux années 30.
Bien amicalement. Belle journée, Maryse
Philip

Philip (Jardin de Lune) le mardi 26 mars 2024, à 11:30
@ VERTFLO :
Hello Claude,
Ouiiii ! Sans doute en écrivant "ventre assoiffé de cris" pensais-je au Ventre de Paris de Zola.
(au passage, j'ai connu ce "ventre de Paris, qui était les Halles Baltard, bruissantes d'une ambiance qui ne doit plus être la même à Rungis).
J'aime bien superposer plein de choses.
Avec l'avantage que nous permet mespoemes de mettre des liens musicaux et des photos, il y a de quoi superposer encore plus.
Pour les quatrains, c'est vrai j'y superpose totalement. Ca risque à un moment de devenir incompréhensible d'ailleurs.
La reprise du premier vers, je le fais régulièrement;
Et ici tu peux voir que le dernier vers n'est pas tout à fait le même, j'y mets des rimes homophoniques
"Le siècle finissait sous une brume sale...
Le siècle finissait, comme un costume pâle"
Hey, tu sais qu'en traficotant ma photo, j'ai pensé à la photo trafiquée de Kate Middleton !!!
Arrête de considérer que je fais de l'Art majeur, c'est "au feeling" que j'écris et "entoure". C'est juste un grand plaisir que d'écrire.
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que j'adore ton humour;
Mon pote Pierre (Rainbow) est pareil.
Voilà. Bonne journée, Claude !

Philip (Jardin de Lune) le mardi 26 mars 2024, à 11:35
@ JOSE :
Merci cher José, heureux de t'avoir emmené avec moi dans le Paris du début du siècle précédent.
Pour que l'écriture qui verse dans le domaine de l'imaginaire soit "bien sentie" selon tes termes, il faut, soit avoir une imagination foisonnante, soit être bien documenté.
Et en plus, comme je le dis dans mes réponses qui précèdent, amoureux de Paris et de son histoire, je peux visualiser ce que j'écris.
Et je connais encore des petits endroits de Paris "hors du Temps".
Bonne et belle journée, José.

Philip (Jardin de Lune) le mardi 26 mars 2024, à 11:51
@ PLUMEFLORE :
Bonjour Marc.
Tu as eu raison de souligner que le Paris paradisiaque où l'on faisait la fête, n'était pas celui de tout le monde, encore moins des pauvres gens !
Je comprends que, comme beaucoup de gens tu n'aimes pas Paris, surtout le Paris d'aujourd'hui.
Il ne me viendrait pas à l'idée de me balader dans les quartiers transformés, modernisés.
Et il y a des heures (et des jours) pour s'isoler du modernisme et de la foule.
Aller rue Galande, vers l'Eglise St-Julien le Pauvre, ou dans l'Ile Saint-Louis ne révèle que le dimanche matin par exemple, quand on est presque seuls dans les rues. etc, etc...
Et en effet, on est gâté pour les livres, pas chers, d'occasion ou neuf à petits prix (et sans aller dans ces "usines" comme les grandes FNAC ou pourtant on a du choix;
Autour de l'Odéon (moins connu), les vieilles galeries (Viviennes, etc) et bien sûr les bouquinistes sur les quais (qui sont devenus chers !) peuvent être des cavernes d’Ali Baba pour les amoureux des livres.

Oui bien vu, on peut voir mon poème comme une forme de clin d’œil aux ppoète maudits. Je les adore, d’ailleurs.

Bravo pour ta sensibilité et ta culture sur ces sujets
« Bousculer le silence ! » Bien vu ! Ca doit être mon subconscient qui m’a dicté ces mots.
Très belle journée, Marc

lucille le jeudi 04 avril 2024, à 01:13
C’est ravissant. J’ai pris plaisir à me promener avec toi dans ce vieux Paris. Tout n’est pas tout beau dans cette vieille ville mais je la trouve quand même attachante. Elle a un charme que tes mots transpose à travers ta poésie. Merci. @mities!

Philip (Jardin de Lune) le jeudi 04 avril 2024, à 12:18
@ LUCILLE
Re-bonjour Lucille.
En effet, tout n'est pas beau - aujourd'hui - à Paris. Mais comme tu as pu le lire, sans doute, dans mes réponses aux coms, nous connaissons par coeur les endroits les plus attachants.
Ecrire des poésies sur Paris est un grand plaisir.
Je vais mettre des reposts sur Paris, prochainement.
Amitiés, Lucille.

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