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THE LEFTLOVERS (Les amants disparus)

le lundi 18 mars 2024, à 15:28. Posté par Philip de Berg



    (Repost)

    Où sont ensevelies toutes ces nuits prodiges
    Qui bercent les amants quand le grand jour féroce
    A succombé en vain sous les derniers vertiges,
    Près des cloîtres vengeurs que broie ce cri atroce.

    Les pâles emblaisons portent leurs ombres frêles,
    Sous les derniers frissons d’une insondable ivresse,
    Ecumant le parfum des sombres aquarelles,
    Perdues dans les allées où se meurt la tendresse.

    Dans nos humbles cerveaux, sous nos vieux oripeaux
    Quand le chaste décor d’une alcove barbare
    Au fantasque décor, reflète sur nos peaux
    Tannées par l’océan, l’empreinte qui sépare

    La raison du délire en invoquant l’amour
    Dans un livide cri sur notre regard blême,
    Un sursaut éperdu attendant le retour
    De l’escorte fatale emportant son blasphème.
    …………….........................................………………………………………
    Sous les cieux tragiques, les gémissements,
    les Nevermore,
    Emportent, fatigués, pour des après-Ailleurs,
    Les imploraisons perdues des amants oubliés.

    (librement inspiré par la trame d’une série intitulée « The leftlovers)

    Illustration musicale : musique « The leftlovers »
    https://www.youtube.com/watch?v=iHrKoE1cdEo
    (visionnez cette séquence musicale, le violon et le piano sont le reflet des âmes perdues

    Nb : littéralement, « leftlovers » ne signifie pas forcément
    « les amants disparus » mais peut désigner « les aimants perdus »

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commentaires ( 12 ) (Ajouter un commentaire)
imparfaitlibre le lundi 18 mars 2024, à 16:42
Bonjour Philip,
Que c'est beau et une seconde lecture avec la musique dans les oreilles révèle encore plus la profondeur de tes vers.
« Où sont ensevelies toutes ces nuits..... » ? Là, au fond d'une note celle de la douleur d'un piano ou le cri languissant du violon qui pleure « les derniers frissons d'une insondable ivresse »
J'aime ce passage avec l'enjambement qui relance le vers précédant :

« Au fantasque décor, reflète sur nos peaux
Tannées par l’océan, l’empreinte qui sépare

La raison du délire en invoquant l’amour »
Mais tout le dernier quatrain est somptueux et de le lire à haute voix en fait encore plus ressortir l'émotion des mots.
Je soulignerai les mots que me touchent sincèrement comme:les nuits prodiges ; grand jour féroce ; dernier vertiges ; cri atroces.... Je vais m’arrêter là car, finalement je me rends compte que chacun des derniers mots de chacun de tes vers me touchent par cet après-ailleurs dont tu nous parles à la fin.
Je ne connais pas cette série, mais je trouve que la musique est magnifique et qu'elle est un support idéal pour l'ensemble de ton poème.
J'avoue aussi ma lacune du mot Nevermore et même en cherchant sur internet, je n'ai toujours pas compris le sens du mot !!!!!!
Merci pour ce splendide partage tant par l'émotion des mots que par celui des sons.
Gros bisous cher Philip, je ne connaissais pas ce poème et je suis heureuse de le découvrir aujourd'hui.
Belle journée à vous deux.

Philip (Jardin de Lune) le lundi 18 mars 2024, à 17:41
@ IMPARFAIT LIBRE
Oh comme c'est gentil ce que tu me dis, Patricia. D'autant que c'est sincère.
Parlons un peu du poème et sa musique dans son ensemble.
Quand on veut mettre de la musique sur un post, il faut choisir quelque chose qui accompagne les mots.
Comme je parle toujours de "la musique des mots", la vraie musique doit constituer le duo sensoriel du tout. Pas toujours évident.
Bon, je t'avoue que j'ai un petit avantage. Ayant eu la chance d'étudier l'harmonie classique, je sais par avance que le tempo, et quand je regarde la partition (sur Internet par exemple) avec par exemple une dominante "mineure", ça doit en principe donner quelque chose qui s'accorde au poème.
Par exemple, un tempos "andante" ou "adagio" (qui n'a rien à voir avec l'Adagio d'Albinoni !) va avoir une lenteur et une émotion particulière. C'est comme ça.
Sur le poème :
Ca va me permettre de revenir sur ce Nevermore !
Ce mot est isolé.
En fait, je l'ai isolé, juste avant de poster.
"Sous les cieux tragiques, les gémissements, les Nevermore" étaient un seul et même vers.
Mais alors que la première partie du vers "Sous les cieux tragiques, avec la diérèse, était parfaite, mince le vers original aurait eu 15 pieds !!!!
Alors, j'ai isolé Nevermore.
Mais...mais....de toute façon j'ai vite vu qu'avec une fin en ...quES, ça ne collait pas, et il eut fallu par exemple un singulier en "e" et un "et" (les gémissements).
Mais, quand je mets une fin à un poème, nettement séparée par des --- cela veut dire que c’est un épilogue « hors règles de versification ».
Bon c’est pas grave.
L’as-tu remarqué ?
Je dirai que l’émotion a masqué la forme, peut-être (sourires !)

Que les autres ami(e)s ne s’inquiètent pas, la poésie du cœur – c’est celle qui doit régner sur mespoemes – doit s’affranchir de tout ça, ce ne sont ici, que des « délires » de zinzin du classique (re-sourire)

Bon, Patricia, je termine sur le fameux Nevermore.
Ca n’existe pas dans les meilleurs dicos d’Anglais (Y compris le célèbre et top Oxford dictionnary !), c’est tout simplement en un seul mot accolé « Never more » qui signifie « Jamais plus ! ».
Mais ce ne sont pas les anglais qui l’on poétiquement contracté, mais….ce cher Verlaine (un beau poème de lui porte le nom de Nevermore).
Ca sonne bien, j’en ai fait une sorte de « concept » de ce qui peut être un mélange de regrets et de pages tournées. J’ai trouvé que ça irait avec l’épilogue de mon poème.

Voilà. Je crois que j’ai presque tout dit. Merci encore de me lire avec plaisir.
Bonne soirée, Patricia. Bisous.

lucille le lundi 18 mars 2024, à 20:54
« Les allées où se meurt la tendresse » c’est tellement parlant! Mais ce n’est qu’une des nombreuses images poétiques (et parlantes) que j’aurais pu souligner 😊 Merci

Rachelle le lundi 18 mars 2024, à 23:11
Chèr Philip, sublime poésie, j’aime énormément ton poème, c’est un pur délice à savourer sans modération ton poème, il y’à de pures émotions fortes et très émouvantes, c’est un canevas de grande intensité, de grande qualité, je dirais même plus que c’est un chef d'œuvre ce poème, merci beaucoup pour ce beau partage poétique, qui ne me laisse pas indifférente, et merci beaucoup pour tes sublimes commentaires, et pour tes belles éloges qui me font très plaisir et qui me touchent beaucoup, gros bisous d’amitiés de rachelle, ton amie poétesse Rachelle très féminine avec grand plaisir, www mes poemes.net funky571, sinon Chèr ami, s’il te plaît, tu devrais lire mon poème : je suis l’âme sombre de novembre, je pense que tu aimeras mon poème, merci beaucoup d’avance.

Philip (Jardin de Lune) le mardi 19 mars 2024, à 06:44
@ LUCILLE :
Bonjour Lucille.
Chaque lecteur(trice)-poète s'approprie les mots d'un poème en fonction de son propre "feeling". Je le dis souvent, quand un poème est posté, il ne nous appartient plus.
Mais chacun en garde sa propre émotion, personnelle.
Merci pour ce petit mot (j'ai tendance à faire des com' très long. Alors me dire "et ce n'est qu'une des nombreuses images poétiques" est largement suffisant. Belle journée. Merci pour ton adresse-courriel.
Amitiés
Philip

Philip (Jardin de Lune) le mardi 19 mars 2024, à 06:53
@ RACHELLE :
Hello Rachelle, merci pour ce si gentil commentaire.
Mon poème n'a rien d'un chef d'oeuvre.
Il est écrit, comment pourrais-je dire : un peu "à l'arrache", un peu "à l'instinct" et souvent en prenant un peu de l'ambiance d'autres poètes la littérature que j'aime (est-ce les copier ? Je ne pense pas. On ne peut les égaler, et ce n'est juste pour moi que ce l'on appelle "un exercice de style".
Cependant, mon "truc" (mais je sais que j'en abuse souvent, ce sont les groupes nominaux insolites. Comme ici, par exemple :
nuits prodides, insondable ivresse, ombres frèles. Ce qui fait qu'on ne s'attend pas à voir un adjectif de ce genre qui accompagne le nom. C'est pour moi un élément qui fait partie de ce que j'appelle, "la musque des mots".
Je vais lire et te commenter ton "Je suis l'âme sombre de novembre"
Amitiés et bonne journée à toi.

mariepaule le mardi 19 mars 2024, à 11:18
Coucou Philip

Jeudi après-midi Alain et moi allons à notre club de poésie à la médiathèque de Longuenesse je te dis cela car mes amis potes et poétesses seraient ravis de pouvoir lire ton poème...

Cela est un bonheur de pouvoir te lire...

Bisous, bisous
Marie

José le mardi 19 mars 2024, à 20:47
Hello Phlip, ce morceau de musique est vraiment sublime, il porte en la sublimant toute la douleur de la perte, mâtinée de culpabilité, de ces "imploraisons" (joli néologisme) d'amants déchus.
Belle soirée

vertflo le mardi 19 mars 2024, à 22:46
Bonsoir Philip

Je ne connais pas cette série, ( il faut dire que je ne suis pas du tout télé), mais je pense que je peux me passer de l'avoir visualisée car ton poème est une série d'images aussi envoûtantes les unes que les autres.
Il est vrai que je fais partie de ces personnes qui lisent avec leur cœur et qui ne s'embarassent pas de toute la technique d'écriture d'un poème.
Injustement d'ailleurs, car c'est un gros travail que de respecter les ''règles '' de l'écriture poétique et c'est ce qui fait certainement la différence quand même entre un poème écrit par quelqu'un comme moi et une personne comme toi qui a un ''bagage'' sur la ''rigueur'' de l'écriture poétique.
Tout de suite, ça fait plus sérieux et plus soigné, mais comme tu le souligne gentiment, ce n'est pas une priorité sur le site, le but, c'est de se ''laisser aller '' à ce que l'on a a dire et cela en empruntant le chemin qui convient personnellement.
Oui, mais c'est quand même épatant de lire quand c'est bien écrit et c'est le cas avec toi.
Ce qui ressort à mes yeux, outre la qualité, c'est le travail que tu dois fournir pour être dans la ''logique '' de l'écriture poétique.
Lire un poème sans se lasser, avoir envie d'aller jusqu'à la dernière goutte qui tombe du mot, ça prouve le talent du poète.
Tu me fais ''marrer '' mais dans le bon sens quand tu te prends la tête avec Patricia sur les diérèses, les dominantes mineures etc...
et Patricia qui renchérit car elle aussi excelle( à juste titre ) dans cette rigueur de versification.
C'est une sorte de ''combat des chefs !'' rire

Bon, je m'aperçois que je n'ai pas parlé de ton poème qui traite d'un sujet ''banal '', l'amour qui disparait et les amants qui sont passés du paradis à l'Enfer, mais justement le tour de force, c'est d'un sujet classique arriver à le subjuguer.
C'est ça la ''classe '' poétique.
A propos de repost (puisque tu indiques que s'ent est un )c'est bien je pense que l'on reposte des textes anciens car il y a des nouvelles personnes sur le site et puis à l'époque on a pu nous aussi passer à côté.
Je n'ai pas souvenir d'avoir déjà lu les poèmes que tu mets sur le site, donc c'est bien de le faire.
Ca n'empêche pas d'en faire de nouveaux.
Moi j'aurais plutôt tendance à reposter mes anciens poèmes car à 74 balais, je trouve que j'ai de moins en moins d'inspiration, je suis plus inspiré par le copier-collé !

J'ai découvert aussi l'illustration musicale.
C'est beau, mais ça fait ''flipper''!!!!

Bonne fin de soirée
Amitié
Claude


Philip (Jardin de Lune) le mercredi 20 mars 2024, à 07:25
@ MARIE
Coucou Marie,
Tu me fais un honneur si tu avais l'intention de lire mon poème. Mais ce n'est pas une obligation.
Alors, si cela veut dire que tu as aimé, je suis déjà comblé.
Un temps, je faisais partie de la "Société des poètes français à Paris".
Mais c'était plutôt décevant.
Déclaré "d'utilité publique", ce club de poésie très ancien abrita des Verlaine, Mallarmé, Paul Valéry et d'autres....mais les membres il y a environ 6 à 7 ans de cela, se la "pétaient" et une grande partir d'eux faisaient de la poésie sans grand intérêt ! (Et ils se prenaient sans doute pour leurs prestigieux prédecesseurs !!!!)
Moi, j'y allait pour écouter. Jamais lu un seul de mes poèmes. Juste récité avec le ton émotionnel nécessaire (très peu le faisait) du Baudelaire, Verlaine, Rimbaud par coeur.
Bises Marie/

Philip (Jardin de Lune) le mercredi 20 mars 2024, à 07:30
@ JOSE :
Cher José, venant de toi (mais des autres aussi, bien sûr) ton compliment me touche.
Comme je l'ai dit, quand on met une musique pour illustrer son écrit (l'importance de l'illustration aussi !), elle se doit d'apporter un plus émotionnel si possible.
J'aime bien les néologismes, quand il sont expressifs (J'avais utilisé le mot "vacheresque" dans un exercice de style sur le Bateau Ivre.
Dans mon poème ici, je me suis permis une homophonie en donnant un autre sens à la traduction de "leftlover" en détournant amants perdus en...aimants perdus.
Bien à toi José. Belle journée

Philip (Jardin de Lune) le mercredi 20 mars 2024, à 07:46
@ VERFLO :
Hello, Claude.
Merci pour le complément.
Mais "bagage" et "rigueur" c'est juste que ça vient du côté exigentiel de mon métier qui fut de rédiger des mémoires devant les tribunaux, écrire dans les ministères, rédiger les actes administratifs et avoir un "bon parler" quand j'enseignais le droit. Je n'avais pas droit à l'approximation. J'avais fait mon dernier mémoire universitaire de 3ème cycle sur un sujet austère "L'impressionnisme juridique dans le critère finaliste du contrat administratif". Tout un programme !
Mais dans la vie je suis assez "déconneur".
L'impressionnisme, il teinte aussi parfois mes poèmes, dont il est évident que, si c'est assez bien écrit, je ne sais pas trop où je vais en l'écrivant.
La "technique d'écriture", t'inquiète, autant qu'on lit avec le coeur, l'essentiel c'est d'écrire avec le coeur.
Au début, la technique ne m'intéressait pas, et c'est Patricia et Domi qui m'ont convaincu que c'était important, et Loïc en a rajouté une couche. Et à la finale, ça m'a plu !
Ah ah ah ! Oui avec Patricia, j'aime pointer mes erreurs de perfection (par manque de patience) que seuls ceux qui maîtrisent pas mal le "classique" peuvent voit
MAIS CE QUI EST IMPORTANT C'EST QUE NOUS NE VOULONS PAS EXPOSER DANS NOS COM'S UNE SORTE DE LANGAGE DR FRIMEURS QUI SNOBERAIT LES AUTRES.
On se fait juste plaisir (j'ai rigolé quand à mon retour sur le site, après une remarque de Pat sur l'écriture classique, elle m'avait écrit gentiment, de peut que je ne me vexe "si tu veux que j'efface mon com'"
Oui sur le fond de mon poème, le thème m'a intéressé.
Il n'a aucun rapport avec le sujet de la série télé, dont je n'ai emprunté que le titre.
T'inquiète, c'est par manque de temps que je mets des reposts, mais j'en écrit des nouveaux (je vais en faire un aujourd'hui)
Bonne journée, Claude

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