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Quand tu m'as demandé de t'écrire un poème,
J'ai compris que ton cœur, regrettait le débit
Impétueux du temps, son fatal anathème,
Que ton éminente âme avait peur de l'hiver.
Mon amour est extrême et de pouvoir le dire,
Sans charge du devoir, ne peut que me combler,
Mon parnasse serait le cadeau d'un sourire;
Je pense être ton prince et voudrait le rester.
La main pleine de fleurs, ma plume voyageuse
D'absinthe et d'astrakan couvrira ton chemin,
mon encre effleurera la tendresse amoureuse,
Touchant de son éclat, ta couronne d'airain.
Et j'irai par les champs quand l'or liquide émerge,
L'écharpe du printemps imbibera mes vers
Et quand, au jour tombant, dans son tissu de serge
Mon âme deviendra, l'aube de l'univers,
Je t'écrirai des mots si beau qu'une ballade
Epousera ton cœur, ses notes dans ton sang
S'attèleront de jour comme un rayon de jade,
Pour habiller ton front, d'un rêve chatoyant.
En pillant mon esprit, ma lune romantique
Élèvera pour toi, les archets de la mer,
Le blanc cheval ailé d'un bel amour épique
Eclatant de soleil qui refuse l'hiver.
Je voudrais que l'azur s'échappe de mes strophes,
Que découvrant mes fleurs, tes yeux s'imbibent d'or,
Que le brûlant bonheur de ses riches étoffes
Dépose dans tes bras les blés de messidor.
Que ma source en jasant sur un lit de dentelle,
Reflète la douceur avec sérénité;
Que tes doigts en tenant cette page nouvelle
Transmettent au linceul, l'aurore et la beauté.
Qui ravivent les sens, que ce bouquet de roses,
Eclabousse ton sang, tel nos instants heureux,
Puisque pour être en joie il faut bien peu de choses,
Un sincère message et des yeux amoureux.
Mais pourrais-je expliquer avec des vers joyaux,
Des sons extravagants, ce que tu représentes
Pour moi, je ne le pense? où trouver plus ferventes,
Plus subtiles couleurs que tes iris flambeaux,
Qui parlent bellement, bien plus que de grands mots,
Puisque quand tu parais, les autres sont absentes,
Pour mon cœur amoureux tes traces, sont des sentes.
Au delà du bonheur, naviguent mes bateaux,
Sur des vagues de fleurs, au larges des rivages
J'ai connu en quinze ans bien d'étranges voyages,
Des reflux acharnés, l'Océan c'est ton corps.
Si ce texte d'amour ornemente et distille,
Saura-t-il révélé ce qu'une âme assimile?
Faire vibrer en toi l'intime corde d'or.
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