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Un jour, je reviendrai pour retrouver le Doubs
Qui berça mon enfance; avant le crépuscule,
Par un beau soir d'été juste entre chiens et loups,
Parmi l'or ténébreux que l'obscur inocule,
J'aimerais qu'un lambeau de l'épique horizon
Offre à mes souvenirs un long chemin d'étoiles.
Tout seul, j'irais m'asseoir à l'ombre d'un vallon,
Lointainement la nuit déposerait ses voiles.
En sondant le passé j'écouterais au loin
Tendrement exalté, des cloches, la chorale,
En buvant les odeurs savoureuses du foin,
Heureux j'épouserais la douceur pastorale.
Longtemps mon cœur fiévreux chercherait dans l'éther
Les vestiges d'hier et sans pouvoir le dire
Mon doute ignorerait les frissons de ma chair,
Mêlant mon mal de vivre au fanal de ma lyre;
Je viendrais près du tronc témoin de mon premier
Et fabuleux amour, là négligeant ma peine,
Je poserais par terre un bouquet d'écolier
Pour sentir à nouveau le baiser sous le chêne,
Qui fut en ce temps là, d'un tel ravissement
Que j'en garde la trace; à l'âge de l'école
J'aimais déjà les fleurs, leur parfum dans le vent;
Pour s'aimer à douze ans pas besoin de parole.
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