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J'adresse cette lettre à mes jeunes années,
En sachant que personne, ouvrira cet envoi
Où même recevra ces amours envolées;
Ce message s'exprime à nulle autre que moi.
Voici venir la nuit que l'âge nous destine;
Joyaux de mon terroir vous reverrai-je encor?
Reverrai-je Bavans quand la brise chemine?
Et vous plaisant tableau, moissons aux lueurs d'or,
Je vous aime à ce point, que votre éclat me hante.
Dans son nid de verdure, oh! ma belle Comté,
Combien manque à mes yeux ta lumière plaisante,
Tes vallons chaleureux par Eole choyé.
Sentant au fond de moi s'éteindre l'étincelle
Je cède au bon vouloir de clore mon fatum,
Et c'est plein de regrets que naît cette nouvelle;
Voulant revoir mes fleurs, j'entrouvre mon album.
Un aveuglant désir de les revoir m'arrose,
Sans même être nombreuse, elles couvrent mon cœur
D'un manteau de tendresse où le parfum de rose
Promène le soleil d'un éternel bonheur.
Mes petites amours combien je vous rends grâce,
de m'avoir enrichi, de luxure et d'oiseaux,
Puisque encore aujourd'hui votre âme me pourchasse;
De nuit comme de jour dans mes rêves nouveaux.
Le bel écrin Comtois de son charme m'éclaire;
Je repense à présent, qui ne peut revenir
A tout ce temps bénit quelque peut éphémère,
Qui possède le don, d'être le souvenir.
Je finis cette lettre et ferme l'enveloppe,
De timbre point besoin sa place est au tiroir;
Plaigniez plutôt mes chers le pauvre philanthrope
Qui vous fait ses adieux pour mieux vous émouvoir.
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