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Vivre est une chance

le vendredi 22 décembre 2023, à 12:29. Posté par plumeflore


    J'aurai ce qui me plait , si je suis riche un jour!
    Voilà mon seul souhait, se lamentait ma fille,
    Guère plus tard qu'hier; vaut-il mieux être sourd
    Qu'entendre un tel vœu, que la bêtise habille.

    Faut-il beaucoup d'argent pour écouter l'oiseau
    S'égosiller d'amour pour les yeux de sa belle?
    Ne peut-on pas s'offrir les perles d'un ruisseau?
    Les bijoux, les reflets, que son miroir recèle?

    Combien vaut le soleil des charmants soir d'été,
    Dîtes moi la valeur d'une église émeraude,
    Vénérable sous-bois, ruisselant de beauté,
    Quel est donc le coût d'une simple maraude

    A dessein d'un bouquet, richement parfumé,
    Quel est donc le tarif d'un bouton d'aubépine,
    D'un brin de chèvrefeuille ou d'un épi de blé
    Et faut-il du crédit pour voir l'eau cristalline?

    Un air de piano, la valse de Chopin,
    La caresse du vent, la douceur de la pluie,
    Voilà de beaux cadeaux au sort de tout humain;
    Aimer n'exige rien seulement de l'envie.

    Point besoin d'un budget pour entendre un grillon,
    Quand s'avance le soir, charmé par les étoiles,
    Lorsque son chant remplace, à l'heure du pardon
    L'aubade des oiseaux, parmi les sombres voiles.

    Connaissez-vous vraiment ce proverbe si fort?
    Il faut s'en souvenir, sa source n'a d'égale,
    Puisqu'il dit sagement que le silence est d'or.
    Ma plume ne vaudra jamais une cigale.

    Le merle est un ténor vous ne le savez point?
    Son chant est un trésor, quand pointe la pervenche,
    Entendre ce géant pour moi est un besoin,
    Quand chaque arbre revêt sa belle robe blanche.

    Dites moi la valeur d'un sous-bois printanier
    Accueillant les faveurs d'une élégante biche;
    D'un miracle amoureux dans son charme premier,
    Pour priser son bouquet point besoin d'être riche.

    La contemplation, véritable valeur,
    Cette façon de voir, cette façon de dire
    Avec des mots fleuris ce qui touche le cœur,
    Prenant le simple amour pour en faire un empire.

    Même l'aveugle est riche auprès du rossignol,
    Au cœur de la forêt tout arbre est un musée,
    Avez-vous vu le cygne au moment de l'envol
    On dirait un linceul rejoignant la pensée.

    Estimez-vous le prix, autant que le bonheur
    De goûter la fortune au calme d'une église,
    Près d'un antique banc, quand l'esprit et le cœur
    Se marient au silence avec l'extase exquise.

    Le désir de savoir ne coûte que du temps
    Et l'on peut s'élever, se plaire à ne rien faire,
    Sinon que contempler la gaieté des enfants
    Où simplement rêver devant l'art d'une eau claire.

    Quelque soit son destin il faut s'émerveiller
    D'un parterre de fleurs, d'une aube romantique,
    D'un caressant rayon éclairant un verger;
    Avoir toujours en soi la fibre poétique.

    Toujours être un enfant pour comprendre et savoir,
    Sans relâche percer le mystère et la vie.
    L'impérissable honneur de toujours s'émouvoir
    Devant l'infime insecte où la bleue ancolie.

    Pensez donc au soleil qui ne s'achète pas,
    La splendeur d'une aurore et la magnificence
    Sont des biens capitaux, sans jougs, ni cadenas,
    Rappelez-vous toujours que vivre est une chance.

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