|

Avant de te connaître, avant de te viser,
Je t'adorais déjà pour avoir admiré
La finesse des fleurs, dès que l'aube se fonde
Au théâtre du jour, à la grâce du monde.
Mon cœur savait déjà que le destin secret
Promettait à mes jours le plus brûlant forfait,
Qu'un ange aux ailes d'or, sœur du soleil d'Asie
Découvrirait un soir mon humble poésie.
La braise de ton cœur, en mon âme lisait,
Les fabuleux billets que l'amour propageait
Et moi, j'étais heureux de revoir l'espérance,
D'entendre la mésange après si long silence.
J'ai cessé d'être à plaindre en découvrant ton front
Enjolivé des fleurs d'une sainte saison
Et d'un bonheur pareil je ne sus me défendre,
Je voyais dans tes yeux les douceurs de la Flandre
Quand sonne le printemps de son plaisir nouveau,
Ton sourire d'enfant me paraissait si beau
Qu'un soupir de torrent, s'adressait à ma lyre,
Avec ton charme fou tu savais me séduire.
A l'ombre de tes cils chaque heure m'enivrait,
Papillon sur la fleur, je n'avais qu'un souhait,
Heureux en ton jardin, que l'amour puisse dire
Tout ce que mon esprit ne pouvait pas écrire.
Tu me parus si belle, autant et même plus
Que la déesse même au doux nom de Vénus,
Je crus toucher le ciel et même davantage,
Quand mon calme regard caressa ton visage,
J'avais à cet instant, sous l'ombrageux velours,
Au soleil de tes traits, le plus beau de mes jours,
Ta grâce me semblait une noble chapelle
Et mon âme disait c'est elle la plus belle.
Tremblant de l'avouer, je sentais que mon cœur,
Retrouvant sa jeunesse étouffait de bonheur;
Même qu'il épousait ta cambrure divine;
Autour de toi brûlait de la dentelle fine.
Tu devenais le monde et l'objet de mes vœux,
Ton pouvoir était tel qu'un cours majestueux
Accompagnait tes pas, dans les rais de l'aurore,
Confondant les rayons, aux roses de ta flore.
Mais le plus cher de tout, c'est quand de ton carquois,
S'élança dans l'azur, le ruisseau de ta voix,
Je jure devant Dieu, qu'une telle musique,
N'avait jamais toucher ma flamme sémantique.
C'était un rossignol que j'écoutais chanter,
Un morceau de Chopin, dont rêve tout berger.
Ta voix est une source et reste sans rivale,
Merveilleuse en tout point c'est plus qu'une chorale;
C'est la note absolue au service du ciel,
Comme l'air pur de mai , c'est là mon essentiel;
C'est l'indicible émoi d'un amour qui s'avance
C'est le mythe éternel sous le soleil de France.
Les roses, les joyaux, s'accrochent à ton cou,
Libertin de ton corps, je t'aime comme un fou;
Abeille de tes fleurs que ta beauté entraîne,
Tant que battra mon cœur je ne veux d'autre reine.
|