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Je ne me souviens plus de l’hiver
(extrait du futur recueil les quatre saisons)
Je ne me souviens plus de l’odeur de la neige
et du bruit de mes pas dessus le blanc sentier…
j’ai perdu la mémoire, le temps la désagrège
et comme un feu de bois, meurt dans la cheminée.
Je ne me souviens plus des jours qui raccourcissent,
des lampes qu’on allume un peu plus tôt le soir,
du soleil encor’ tiède qui vers l’horizon glisse
pour retrouver la mer et plonger dans le noir.
J’ai oublié le vent qui dans sa course folle
siffle cet air joyeux au milieu des sapins,
la couleur de ce châle posé sur tes épaules
et l’odeur du café embaumant le matin.
Oublié les oiseaux, les grives, les fauvettes
qui cherchent quelques miettes au milieu du jardin,
j’ai oublié la vie puisque le temps s’arrête
sur ce matin d’hiver qui m’engourdit les mains.
J’ai déserté la nuit et les volets qui claquent,
la froideur du silence qui s’installe dehors,
la glace qui devient le miroir d’une flaque
où va se refléter le lever de l’aurore.
Où sont passés ces jours pleins de chaleur humaine
qui faisaient si bien battre le cœur de la maison ?
où est passé le charme de nos veillées anciennes,
les Noël au balcon, les Pâques aux tisons ?
Je ne me souviens plus des campagnes qui fument,
et du brouillard épais à couper au couteau,
des silhouettes d’arbres enveloppées de brume,
du lièvre engourdi qui va boire au ruisseau.
Je ne me souviens plus de la claire fontaine,
des pierres qui se fendent sans émettre un seul cri,
des bergers qui s’endorment dans leur manteau de laine,
avec tout leur troupeau au chaud et à l’abri.
Pourtant…
Je me souviens des chants de minuit à l’église,
des cierges qui éclairent les vitraux endormis,
de ces voix qui s’élèvent, du silence qu’on brise,
de la joie qu’on partage comme du pain béni.
Claude
écrit le nuit du 8 au 9 Décembre 2023
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