|

Chacun de nous connait de tous petits secteurs,
Là même où les chemins sont différent d'ailleurs,
Est-il d'ailleurs des eaux ayant la transparence,
Les magiques reflets que ceux de notre enfance?
De la splendeur antique il nous reste toujours,
De tendres souvenirs, dans leur écrin velours.
Comme un écho lointain venu de la vallée
Où la tendresse est reine, où sous une ramée
Chante un ruisseau d'avril, d'une telle beauté
Que rien n'est comparable à ce vallon aimé,
Qui demeure exclusif malgré le temps qui passe.
C'est un beau livre en nous qu'une mère préface;
Avec tout le soleil d'une écriture d'or,
Si doux, si velouté que même un ange y dort.
De cet album en fleurs, s'écoule l'espérance,
Sous le joug d'un bonheur, vertu d'une naissance.
La joie y suit son cours, imposé par le temps,
Quand pointe la moisson, c'est la fin du printemps;
Au calme d'un vieux banc qui donc un soir d'automne,
N'a pas reprit le sens de la sente mignonne,
Pour retrouver le vent , l'effluve et la senteur,
De ce premier amour, qui laisse dans le cœur,
La divine saveur d'une encre indélébile;
Ce bouquet merveilleux dans son vase fragile
Quelque soit la saison et quelque soit le sort,
Gardera les éclats que seul possède l'or.
Il rappelle un verger, où le nom d'une rue,
Et la brise d'un parc est comme un fleuve en crue
Sa vague emporte tout, du plus petit béguin,
A l'essentiel amour, il procure un regain,
De jonquilles au bois, de neige amoncelée,
C'est la page d'un cœur coquettement voilée.
Sur son lit de satin l'enfance y dort en paix,
Saurais-je avec talent vous dire ses attraits?
Ses coteaux verdoyants sertis dans la faïence
Où veille un vieux clocher, c'est l'âme de la France.
Auprès d'une fontaine un antique abreuvoir
Prodigue au romantique un effet de miroir,
Si vous voulez rêver et revoir la grande Ourse
Il n'est qu'un seul moyen, le retour à la source.
|