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Voilà, ce sont vos villes
Voilà, ce sont vos villes enceintes de lumières,
Avec des gratte-ciel pour vous gratter le cul,
Ca grouille de partout comme une fourmilière,
Ca sent la décadence à chaque coin de rue.
Voilà, ce sont vos villes que l’on croit habitées,
Mais en réalité, elles n’ont aucune âme,
Le néant des néons s’obstine à éclairer
La laideur de la pluie dessus le macadam.
Voilà, ce sont vos villes pleines de tape à l’œil,
De bars qui vous invitent à détrousser la nuit,
Quand assis au comptoir on se sent un peu seul
Et qu’une fille vient sans qu’on en ai envie.
Voilà ce sont vos villes construites pour le pire,
Au mépris des jardins qui les embellissait
Et de ces vieux immeubles qu’on se plait à détruire
Pour rebâtir du neuf afin de spéculer.
Voilà, ce sont vos villes bardées de boulevards,
Avec des noms bidons sans aucune importance,
Voilà, ce sont vos villes, ces usines dortoirs
Ou des brins de sommeil rêvent d’une présence.
Voilà, ce sont vos villes, agrandies et immondes
Avec une misère que l’on cherche à cacher,
Voilà, ce sont vos villes et leurs chemins de ronde
Où la nuit, quelques flics sillonnent les quartiers.
Voila, ce sont vos villes sinistres et lugubres
Où le flot des bagnoles n’est pas interrompu,
Voilà, ce sont vos villes, leurs quartiers insalubres
Où viennent se loger tous ceux qui sont exclus.
Voilà, ce sont vos villes bâties sur du précaire,
Colosses aux pieds d’argile qui peuvent s’effondrer
Quand les hommes décident de déclarer la guerre
Afin d’anéantir vos minables cités.
Claude écrit le 24 Novembre 2023
Illustration du texte :
Création de Olivier Bonhomme.
Tous les droits de cette image lui sont réservé.
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