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J’attends
J’attends la nourriture d’une simple caresse
Dans ces moments de fêtes qui n’ont plus un attrait,
J’attends la vérité pour que je me confesse
Sans besoin d’isoloir pour avouer mes péchés.
J’attends mon propre exil quand l’ile se dérobe,
Les merveilles célestes pour cloitrer mon chemin,
L’or blond du crépuscule et le déclin de l’aube,
Ineffables aquarelles sans un cours de dessin.
J’attends que les défis, brusquement me délivrent,
Et que je te découvre dans un mot inconnu,
J’attends de refermer les pages de ce livre
Qui reste encore ouvert puisqu’il m’a tant ému.
J’attends que le feuillage épouse tes nervures,
Q’ un rythme universel cadence mes pensées,
Dans l’émancipation d’un moment de lecture
Où je brûle les mots sans un autodafé.
J’attends que les vendanges écrasent le raisin,
Que le cours de l’histoire m’enseigne au fil de l’eau
Qu’il n’en a pas fini de troubler ma mémoire
En voulant me faire croire à quelques idéaux.
J’attends l’oiseau qui chante à la fin de l’hiver,
Et le printemps qui couve la chaleur de son nid,
J’attends l’été brûlant qui enflamme les pierres,
L’automne qui moissonne ses feuilles d’organdi.
J’attends les équinoxes des nuits de pleine lune,
L’herbe qui va danser au milieu des mégots,
Le bateau qui ira dans les bras de Neptune
Pour déployer ses voiles et se remettre à flot.
J’attends le peuple bleu habillé en mésanges,
La fin de ces batailles couvertes par vos cris,
J’attends les auréoles sur la tête des anges
Pour voir si mon enfer deviendra paradis.
J’attends que mes dix doigts lissent ces plumes d’ange,
Pour écrire avec elles mon amour infini,
Et tant pis si souvent cet amour vous dérange,
Car sans vous je m’envole vers un autre pays.
J’attends comme un volcan que les morts se réveillent
Que la lave des corps s’élève dans le ciel,
Que l’Arche de Noé à nouveau appareille,
Que des nuits vagabondes perturbent mon sommeil.
J’attends un autre siècle, j’attends un autre monde,
J’attends une autre ville qui s’anime sans peur,
Une pierre qui fait des ricochets sur l’onde
Et va de rives en rives au gré de son humeur.
Claude écrit le 4 novembre 2023
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