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J’ai ma maison au bord du Rhône,
Bien au creux des flots bondissants,
Près de cette eau qui m’environne
Dans de grands décors menaçants.
J’aime à croquer tous les passants,
Moi, le cruel monstre fantasque.
Voyez mes deux yeux menaçants
Et prenez garde à la Tarasque.
Je n’ai qu’une belle couronne
Celle des êtres repoussants
Loin d’un monde qui fanfaronne
Avec tant de mots indécents.
Dragon aux terribles accents,
Je fais peur par ma moindre frasque
Craignez mes longs crocs tout-puissants
Et prenez garde à la tarasque.
De mes dards souvent j’éperonne
Quelques navires innocents
Ou le bateau qui fanfaronne
Sur d’étranges flots mugissants.
Une sainte aux yeux innocents
Viendra faire tomber mon masque.
Pour l’instant craignez mes accents
Et prenez garde à la tarasque.
Princes, des êtres indécents
Œuvrent dans l’ombre et, sous leur masque,
Voyez les hommes mal-pensants
Et prenez garde à la tarasque.
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