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Déploration de Soi-Même.
…..Vigueur, Jeunesse et Espérance ont déserté, à mon Insu et peu à peu, mon Corps et mon Courage. Les Années écoulées ne sont que Cendres et que Poussière et Souvenirs amers. Chaque Instant m’est honteuse Douleur, Hier est aboli, le Maintenant Morsure et le Demain sera un nouveau Jour, non de Lumière mais d’Ombre et de Remords.
L’Âge a multiplié les Avanies et les faux Pas, les Ornières du Coeur et la Nécrose des Illusions, les Sentiers de l’Errance, creusé l’Abîme des Fondrières de l’Être qui sont sa Vérité. Les Idoles s’écaillent une à une, trouées d’une infinie Béance, un à un, les Fondements s’effondrent, exhibant les Limons sombres de l’Histoire, la Chair à Vif, le Règne du Cadavre.
Entre Ciel et Terre, entre Berceau et Tombeau, entre les Lois intangibles du Vivant-Mourant et les Vicissitudes du Hasard, entre l’Abject et le Sublime, entre la Suite in définie de l’Amour et du Crime, entre le Désarroi de l’Homme intérieur en Moi et les Fissurations du Monde, aucun Principe ne m’unifie ni ne me guide, Brindille perdue dans le Ressac, Jouet du Tumulte des Flots.
Ma Parole bégaie un triste Chant désaccordé et les Bonheurs d’Ecriture n’opèrent plus leur Charme. S’il est vrai que les Astres s’éloignent inexorablement dans l’Infinité de l’Espace, ainsi, à chaque Instant, mon Être s’éloigne de mon Être et mon Poème du Poème rêvé, je ne suis plus que Déploration de Moi-Même…..
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