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Petit éloge de la folie

le lundi 04 septembre 2023, à 21:51. Posté par Claude




    Petit éloge de la folie.


    Je n’ai aucune intention de me substituer au philosophe Erasme
    ( qui lui a fait merveilleusement l’éloge de la folie dans ses écrits)
    C’est simplement, après la lecture du livre de Olivier Bourdeaut
    ‘’ En attendant Bojangles’’ que j’ai eu une envie ‘’ folle’’ d’essayer
    de parler de ce sujet.

    Chacun de nous, même sans être un ‘’ laboureur’’ de la terre,
    ou un homme ‘’cultivé’’, sème toujours dans les sillons de son existence
    et de son cœur, ce grain de folie qui ne demande qu’à germer
    dans les champs obscurs de ses cellules.
    Dans notre vie, il ya toujours une face cachée, un peu comme
    la Lune quand elle est lunatique.

    Il se peut que ce grain de folie arrivé à maturité et remplisse ce jardin d’Eden,
    là où la haine n’a pas de place, car la haine ou le mépris ne peuvent
    qu’engendrer et diaboliser la folie dans la perspective qu’elle devienne
    un exutoire.
    Mais la folie n’a pas besoin de ce dérivatif, elle sait se contenter de son
    dérèglement mental pour se construire une raison qu’à tort, nous
    comprenons mal puisque la folie se nourrit de son désordre mental
    et de ses propres exigences quasiment structurées.


    Ce grain de folie sera accessoirement ce ‘’ Blé en herbe ‘’ écrit et si bien décrit
    par Colette dans son roman, ou alors, il deviendra cette semence pourrie
    dont on ne récolte que de la mauvaise graine qu’il nous faudra par indulgence
    ou par respect, éviter de piétiner.
    Certaines récoltes sont bonnes, d’autres le sont moins.
    La moisson a souvent du mal à glaner les épis de nos âmes
    qui démembrent les nuages affolés dans le ciel.
    Notre fragilité est identique à l’envol des oiseaux qui traversent les mers,
    à la courbe des roseaux qui plient sous le soleil,
    ,à la pluie dont les larmes chagrinent notre Terre.
    à tous les aléas, à tous les soubresauts de ce monde dans lequel nous
    vivons, privés de sa belle gueule d’atmosphère.
    Ce monde qui par sa ‘’laideur’’ voudrait bien effacer tous ses grains de ‘’ beauté’’
    que nous avons sur la peau.

    La folie n’est peut-être qu’un stratagème ou alors, pourquoi pas,
    le vitrail de la mélancolie reflétant nos peines issues d’une maladie
    dont nul ne guérit.
    La folie est un mal incurable, mais la sagesse l’est tout autant.
    Il ne faut pas oublier que la folie est une mauvaise herbe
    qui peut pousser partout et qui résiste quand on veut l’arracher.
    La folie vous offre son superflu botanique, mais jamais ses racines.

    Et pourtant, à bien y réfléchir, la folie n’est-elle pas à sa manière
    ce séisme ambivalent qui oppose nos caractères toujours prêts
    à s’immoler et à se sacrifier pour une cause, qu’elle soit noble
    ou pas.
    Il y a dans la folie quelque chose d’insensé qui bouleverse nos sens
    sans pouvoir leur donner ou leur définir une orientation.
    Cependant, au milieu de ce champ de mines et de ruines qu’est
    notre existence superlative, insolente et effrénée, il nous faut essayer de
    continuer à vivre, coûte que coûte, comme si nous voulions pour
    une ultime fois (et même sans avoir la foi), lancer un défi à la mort
    et engranger dans nos silos obsessionnels des graines qui ne demandent
    qu’à germer sans être obligées de venir à maturité.

    Qu’importe si Bojangles n’est jamais venu au rendez-vous.
    Godot lui aussi a été attendu longtemps, et il n’est jamais venu.
    Le but de l’attente ne se résume t-il pas dans le fait d’espérer
    dans des moments d’angoisse et de désinvolture, quand
    le manque et la solitude peuplent tous nos combats.
    Espérer est certainement dû à ce manque de confiance en soi
    et aux autres, mais nous devons nous en accommoder.
    Il faut savoir faire bonne ‘’figure’’ lorsque l’on veut éviter
    de perdre la ‘’face’’.

    Et pourtant, certaines absences valent mieux que certaines
    présences qui pourraient nous décevoir ou nous incommoder.
    Même si le ‘’vide’’ a pour habitude de vouloir ‘’ remplir’’ nos espoirs,
    il y a toujours dans tous les rendez-vous la diabolique d’un
    amour fou qu’il nous faut improviser, instruire et inventer.

    En résumé, la folie est une prison sans barreaux ouverte
    à toutes nos dérives.
    La folie est notre propre garde-fou.

    Claude
    écrit le 4 Septembre 2023

    https://www.youtube.com/watch?v=3hd9bjk1ENw

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