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Ton nom vient agiter tout le sang de mon cœur
Car c'est la passion qui me dicte la rime,
Ce mélange d'amour possède la valeur
Du plus divin métal, le filon rarissime,
Celui qui porte au comble et mène à l'absolu
Celui qui fait fleurir le charme sémantique,
Cet état généreux que donne la vertu,
Pareil aux grappes d'or d'un aube romantique,
Indolemment fragile où le désir sommeil.
Je pourrais te parler de ton charmant sourire,
Cette caresse douce identique au soleil
Ou même de tes yeux, porte d'un grand empire.
Mais j'avoue humblement c'est bien d'autres bijoux
Que couve ma tendresse aux portes de l'automne,
En toi miroite un feu, qui rend même jaloux
La lumière des cieux. quand ta beauté se donne
L'amour est toujours neuf en passant par tes doigts,
Il m'invite au voyage infiniment solaire,
Les flèches, les fleurs qu'accueille ton carquois
Contiennent le bonheur, l'obole légendaire.
Dardant l'or de Vénus, quand ton corps a joué,
Ceint d'un voile subtil de sa langueur exquise,
Je découvre un jardin, fatal et vénéré,
C'est de ce clair-obscur que mon âme se grise
Si lumineusement que j'en perds la raison.
C'est en pillant avril et Ronsard que je t'aime;
Pour que renaisse en moi l'étincelant flacon,
J'ai besoin de ton corps pour descendre en moi-même.
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