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Comme l'oiseau revient vers sa rive amicale,
Où palpite un passé qui ne veut pas mourir.
En revenant chez moi, sur ma terre natale,
Au chevet d'une enfance impossible à guérir,
Je retrouve une paix, infiniment experte
N'existant pas ailleurs, surtout pour un rêveur.
Il faut dire ma foi, que notre herbe est si verte
Qu'elle accroche à nos yeux une intime langueur.
Entendre la Comtoise habiller le silence,
D'un refrain séculaire, âme des vieux logis,
Qui sait ses airs par cœur, connaissant l'opulence
Des riches monuments, des grands bonheurs occis.
Déjà l'automne est là, tendre mélancolie,
Dans l'air, sur le feuillage, indolence et douceur
Retardent le déclin. comme un ciel d'Italie,
A loisir le présent diffuse la saveur
De l'été presque Indien, source pour le poète
De méditations aux extraits savoureux.
Dans son riche manteau la nature s'apprête
A s'endormir au bois, tel un vieil amoureux.
C'est des pages d'amour que l'hirondelle emporte,
Des écheveaux de soie et des rêves lilas.
Dans l'album aux photos, l'adolescence est morte,
Mes plus doux souvenirs surtout n'y touchez pas.
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