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On élit des pédants aux serments faméliques
On danse, on chante, on rit ; hélas, on pleure aussi
On s’enivre de vain, de feint, de pathétique
On s’enivre de rien pour s’oublier aussi
L’artifice, l’abstrait remplace le réel
On jugule l’esprit ; penser devient un crime
Et il nous faut manger dans la même gamelle
Couleuvres et mépris qu’ils nous offrent en prime
Les gens ont l’air heureux du peu qui les contente
On leur laisse leurs jeux et leurs lacis sociaux
On bride leur esprit pour ne pas qu’ils entendent
La vérité qu’on jette en pâture aux bestiaux
Mais le sage se tait, ressassant le désastre
L’époque a bien changé et lui semble inconnue
Et dès le soir venu, en contemplant les astres
Il voit sa liberté s’estomper dans les nues
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