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Chère Ophélie, ma chérie,
Depuis que tu es étendue dans la chambre
de la nuit,
Je suis la lune
qui verse ses pluies de sang,
sur les stigmates effrayants de ma vie,
Je suis un soleil mourant
dans l’entrebâillement de la porte du bonheur,
Avec mon âme éperdue
dans les tunnels effarants de noirceurs,
Je suis un cormoran d’encre
qui veut se briser sur les abruptes falaises,
Je suis une mendiante
qui désire être triturée par la dent du malaise,
Je suis une veule ,
se ployant dolemment sous la botte de ma mégère,
Je ne suis qu’une ondine aux ailes grâcieuses
comme un zéphir,
qui est écharpée sauvagement
par les archers, les pervers, les meutes de loups
surgissant du ventre de l’enfer,
Comme par les outrages de la fortune,
décochées comme des flèches ,
avec des véhémences singulières,
Embrasées par ma sybilline reine,
et son invincible main de fer.
Je suis l’haleine froide de l’hiver,
Qui s’éteint comme mon souvenir amoureux
sur l’autel de givres,
avec mes déboires austères,
Avec mon cœur découpé,
arraché par le burin de la misère.
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