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Tu disais…
Tu disais que le ciel s’inventait des nuages
Jaloux des forteresses qu’ils avaient dessinées,
Tu disais que la pluie pleurait après l’orage,
Pareille à un matin sans gouttes de rosée.
Tu recherchais la mer le long des terrains vagues,
Où les marins se perdent sans pouvoir s’exiler,
Tu voulais qu’on enlève, à ton doigt, cette bague
Qui t’avait si longtemps privée de liberté.
Tu disais que l’absence n’est qu’un vide comblé,
Et qu’aucune présence ne peut lui être utile,
Tu disais qu’un remord est le fruit d’un regret
Que l’on cueille le jour où il devient fragile.
Sur les murs effondrés, enclins à la sagesse,
Tu bâtissais des ombres pour offrir ta clarté
Et dénouer le vent aux futiles caresses
Prêt à fendre les jupes et à les soulever.
Tu mimais tous les gestes des amours éphémères
Ces gestes trop précis pour être déplacés,
Et je te regardais, le corps à découvert
Dans un semblant d’orgasme auquel tu m’initiais.
Au déclin du soleil, je convoitais ton ombre
Tout en comptant les heures, lorsque la nuit tombait,
Et le cœur en sursis, battant sous les décombres
Le séisme de l’âme m’invitait à trembler.
Puis tu te réveillais quelquefois en sursaut,
Aveuglée par un rêve toujours inexplicable,
Les pointes des rochers devenaient des ciseaux
Toujours prêts à couper nos liens inavouables.
Tu prenais les chemins qui mènent vers le doute,
Exhortant le hasard à nous mener plus loin,
Mais tu avais compris que faisant fausse route,
Nous ne pourrions jamais marcher main dans la main.
Tout t’avait invité à franchir le miroir,
Tout t’avait incité à fermer les rideaux,
Tout t’avait confirmé qu’il ne fallait pas croire
A la couleur du temps, à la beauté des mots.
Claude
Ecrit la nuit du 10 au 11 Juin 2023
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