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On se referme comme un livre…
On se referme comme un livre
Lorsque l’on a fini d’aimer,
Quand on empreinte les coursives
Qui ne pourront plus nous sauver.
On laisse le deuil d’un naufrage
Petit à petit s’exiler
Vers des oasis sans mirages
Où les dunes sont éventrées.
On tourne en feuilletant les pages
Le roman qui nous est conté
En nous renvoyant les images
Des mots couchés sur du papier.
On cherche des proses cruelles
Au fil des vers inadaptés,
La poésie devient rebelle
Mais ses rimes n’ont rien changé.
On brise le tain du miroir
Qui cherche à nous voiler la face,
Et nous fait plonger dans le noir
Sans espoir de refaire surface.
On occulte bien la préface,
Mais, sans vouloir y adhérer,
On se fait piéger par la nasse
Où les mots sont emprisonnés.
On se penche sur le berceau
Qui nous éloigne de l’enfance,
L’âme petite et le cœur gros
De voir venir la déchéance.
On se referme comme un livre
Qui n’est vraiment plus à la page,
Le seul message qu’il délivre,
C’est l’imparfait, dans un voyage.
On se referme comme un livre
En visitant ses souvenirs
Qui ne demandent qu’à revivre
Afin d’éviter de mourir.
On se referme comme un livre
Qui n’a plus rien à nous livrer,
Car mis à part le Bateau ivre
Qui peut nous faire chavirer ?
Claude
écrit le 4 mai 2023
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