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Le silence brumeux …
Le silence brumeux fertilise l’eau vive…
Dans mon absentéisme, j’écoute des sermons
Me mener en bateau au tribord des dérives
Où tel un naufragé, je rêve de pontons.
Le silence s’en prend au clapotis des vagues,
Les laboureurs privés de leurs mottes de terre,
Dans les champs de la mer y font pousser des algues,
Auprès d’une centrale, pas clean et nucléaire*.
Les voiliers démâtés déclenchent leurs balises,
Pour ne pas saborder un rituel d’abandon,
Les roses dégivrées poussent sur la banquise
Et il flotte dans l’air quelques lames de fond.
Les quais se sont vidés des bateaux de croisière,
Les pêcheurs funambules travaillent sans filet
Avec au fond des cales ces rêves d’outre-mer
De pays trop lointains où ils n’iront jamais.
Un air d’accordéon fait chavirer les cœurs,
Des filles, sur le port, aguichent le chagrin,
Le phare cligne de l’œil, exhibant ses lueurs…
C’est à croire que le monde n’a plus le pied marin.
Le cinéma du coin va passer ‘’ Quai des brumes ‘’
Et la mélancolie flotte dessus le port,
Le parfum de l’amour peu à peu se consume,
Ne faisant respirer que l’odeur de la mort.
Ici-bas les paroles n’ont plus aucune place,
Chaque mot qui se tait vous en dit toujours plus
Que le batifolage des lèvres dont l’audace
Pourrait se résumer à un simple lapsus.
J’écoute le silence et sa voix si intime
S’approprier le temps au fil des ricochets
Dont seul le bruit de l’eau me plonge dans l’abîme
De tous ces points de chute qui ruinent mes pensées.
* référence à La Hague où l'on traite les déchets nucléaires.
Claude
écrit le 2 Mai 2023
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