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Il me fallait …
La brume qui se meut dans l’enclos de ses pièges,
L’agonie des brisants sur la terre mouillée,
Le printemps qui survit à un flocon de neige
En respirant l’odeur des jonquilles fanées.
La voix si organique qu’elle enchante les orgues,
Les crins d’un vieux cheval pour me servir d’archet,
Le LA du diapason, pour autant qu’il m’accorde
A jouer sans fausse note des préludes éludés.
Le livre des jardins écrit à l’eau de rose,
Les iris qui irisent les tableaux de Van Gogh,
L’illusion de la vie et le magicien d’Oz,
Les plaisirs démodés qui ne sont plus en vogue.
Un bouquet de corail pour inhumer Nemo,
Dedans son Nautilus, Vingt Mille lieues sous les mers,
Un soupçon d’Atlantide engloutie par les eaux
Et le chant des sirènes aux voix si mensongères.
Il me fallait…
Le temps qui assouvit ses gènes asymétriques
Lorsque son passe temps vous file la nausée,
Le temps qui se demande si les mathématiques
En voulant le compter, ne se sont pas trompées.
Tous les mots que l’on sculpte sans aucun stratagème,
Seulement pour qu’ils soient le fidèle reflet,
De ces journées de fugues, de ces nuits de bohême
Où la raison s’en va sans savoir où aller.
Le vent qui sans pudeur découvre tes épaules
Jusqu’à te dénuder à l’ombre d’un sous-bois,
Le chemin dont les herbes rendent les idées folles,
Quand on peut se cacher même privé d’un toit.
Il me fallait…
Le Soleil qui descend sur le flanc des montagnes,
L’ombre de la garrigue sous le pli d’un sourcil,
Tous les sommets privés de leur mât de cocagne,
La toile d’araignée qui ne tient qu’à un fil.
La mer qui se décide à devenir désert,
La nacre irisée, témoin d’un coquillage,
La barque dont les flancs pourrissent sur la terre,
Une île piratée criant : ‘’A l’abordage ! ‘’
Il me fallait l’envie, ce désir qui résume
Ces moments de faiblesse alliés au dégoût
Lorsque tous les rochers sont lavés par l’écume
Et que mon vague à l’âme vient de je ne sais où.
Claude
Ecrit le 22 Avril 2023
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