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Venez je vous emmène au grenier de mon âme,
Sans plus attendre, enfin passons la porte d'or,
Ayons tout le respect que cet endroit réclame
Puisque le moindre bruit réveillerait la mort.
Vous ne trouverez pas, le corps de Juliette,
Ni le dormeur du val; mais sur un lit de fleurs
Ma belle Franc-Comtoise à la mine muette,
Promise au doux sommeil. Ne cherchez pas ailleurs
Mon rameau de laurier, les ailes de ma plume,
Respirez comme moi les effluves de foin
Et soyez fascinés par cette étrange brume
D'un automne Comtois qui revient de si loin.
Là-bas contre le mur les cannes de mon père,
Caressent le silence au fleuve d'un passé
Qui ne veut pas mourir; la vie est si légère
Que sa flamme vacille en touchant au sacré.
Voyez cette pâleur c'est ma morte jeunesse,
Y danse un rayon d'or, des oiseaux frissonnants.
A l'ombre de l'orée, assise, une déesse,
Elle, coud en chantant la trame du printemps.
Que serait cet endroit sans ma louable mère,
Un jardin sans écho, refermer pour toujours,
Sans la voix de ma fille un triste monastère,
Un vieil album photos poser sur du velours.
Repartons maintenant sans toucher la poussière,
J'adore y venir seul, quand le soir familier
Avec ses doigts gantés disperse la lumière,
Dès que sort le hibou je monte l'escalier.
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