|

Le cœur rempli d'amour, en la voyant passer
J'affabule une idylle et je nous imagine,
Follement amoureux, au point de nous aimer,
Ce fol espoir m'inspire et mon âme chemine
Du soleil plein les yeux, parcourant ses trésors,
l'impudeur prend le pas et mon rêve s'engage
sur un chemin de fleurs, du côté de Cahors.
Grâce au tendre parfum, au charmant babillage,
Un plaisir insondable en accrochant son bras,
Me plonge carrément dans un brûlant fantasme.
Une onde romantique accompagne nos pas
Vers un frileux sous-bois, loin du villeux marasme.
Le miracle de mai poétise le jour,
Sous l'ombrage un décor idéal se dessine;
L'essaim fou de nos doigts rebaptise l'amour.
Chaque arbre autour de nous fleure bon l'aubépine.
Un rossignol répand, au bois, ce qui me semble
Une musique d'ange où l'hymne du bonheur;
En écoutant son chant même la source tremble,
L'orée est une église accompagnant le chœur.
Les scilles près de nous, en écartant leur robe,
Célèbrent le printemps, offrant au papillon,
Au libertin rêveur ce que le mythe englobe,
L'authentique plaisir qu'évite la raison.
D'une invincible soif, je ranime mon rêve
En effeuillant son corps, sur un tapis de foin;
Page à page un régal, en petits cris s'élève,
Sous un grand chêne vert, le geai pour seul témoin,
Ensemble avec douceur nous refaisons le monde,
Oh! souffrance des sens,délectable douleur,
Fougue et supplément d'âme, éloquence profonde,
Je frissonne d'envie en imbibant sa fleur.
|