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Riche de soixante ans, le cœur gonflé d'amour
Je promène mes pas sur la rive limpide,
De ma Comtoise enfance, en retrouvant la cour
Et ma natale rue où se creuse le vide,
Il est un mot divin, que je puise au présent
De ma mélancolie, une saveur exquise,
Ce bijou de douceur, c'est celui de "maman".
Douce félicité, plus que terre promise,
Où l'âme se ressource auprès d'un regard pur.
Quand plonge mon esprit vers la verte colline,
Je retrouve à nouveau le giron calme et sûr
De mon nid Bavanais cerné par l'aubépine.
Combien j'en sais par cœur le plus obscur recoin,
Rien que de l'évoquer, il semble que renaisse
La magique senteur que délivre le foin;
Cette auréole d'or que portait ma jeunesse
Tant la vie était belle à l'âge du muguet,
Symbole consacré, comme un antique livre
Que l'on feuillette heureux dans un boudoir secret,
Une larme à chaque œil. avec amour revivre
Les bonheurs du passé, les plus chers de nos jours,
Ranimant le plaisir et la magnificence,
Ainsi que les échos d'une voix de velours;
Ce délice perdu que porte le silence.
Aujourd'hui c'est vers toi ma plaisante maman,
Que se tourne ma plume où se mêlent des roses
Au parfum immortel. malgré l'éloignement,
Au jardin de mon cœur fleurissent tant de choses.
J'ai le rêve ce soir de t'offrir un joyau,
Dans chacun de mes vers mon désir est de mettre,
Avec tact et bonté la lyre d'un oiseau,
Les divines couleurs d'une tendresse à naître.
Retenant mes sanglots, dans chaque mot paraît,
Mon éminent amour qu'une caresse habille;
Étincelante flamme accepte ce bouquet
Qu'il fasse ton printemps tout comme la jonquille.
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