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Pourquoi retournerais-je en pays Franc-Comtois
Alors que le béton à petit pas dévore
Les friches, les labours que remplacent les toits
Je préfère oublier cet endroit sans pécore,
Sans paille, sans foin blond, le charme a fuit Bavans.
Plus le moindre troupeau dans les étables vide,
C'est en rasant les murs que revient le printemps
Et privé de son eau que le lion préside
Au spectacle navrant d'un tragique présent.
La musique des eaux n'est plus que souvenance,
Impossible de croire à ce qui nous attend.
Pour cacher la misère, il faut de l'éloquence,
Quelques décors en fleurs, pour les nigauds heureux.
Si tu cherches la paix, où butine l'abeille,
Timide voyageur, romantique amoureux,
Évite cet endroit, sans renard, sans corneille;
Même le Doubs là-bas, pleure son vieux moulin,
Où jadis s'exprimait le plus beau des murmures,
La messe des saisons, avec comme lutrin,
La douceur estivale, avant le temps des mûres.
L'ère du porte-plume avait le bon esprit
D'apprendre du passé, de même des ancêtres.
Le conseil de l'aïeul était du pain bénit;
L'innocente candeur vient de trouver ses traitres.
Je sais combien le temps parfois peut embellir
L'enfance et ses bonheurs. plus qu'un tableau dantesque,
Je préfère garder, le tendre souvenir
D'un village idyllique, à l'émouvante fresque.
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