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UN REGARD SUR CHANEL
Ainsi, parut Chanel,
Merveilleux, éternel…
L’orfèvre, j’ai croisé,
Sous l’or et le platine,
Du métal, avisé,
Rehaussant la patine.
J’ai vu le chapelier
Et ses chapeaux d’esthète
Formant bulbe et collier
Pour sublimer la tête.
Le modiste, j’ai vu,
De Venise ou Vérone,
Avec un chef pourvu
D’éléments en couronne.
J’ai croisé le formier
Créant, d’un moule antique,
Quelque hautain cimier
Au profil romantique.
J'ai vu paraître un gant
Sous cuir et pierreries,
Au profil élégant
De fantasmagories...
Et ce gant d'opéra,
Alourdi de présages,
Couvrirait l'avant-bras
De quelque Star sans âge.
J’ai vu le plumassier
Mettre une fine plume
Avec un fil d’acier,
Sur une fine enclume.
J’ai croisé le bottier
Sous chagrin d'épissure,
Achevant le chantier
D’admirables chaussures :
La cheville, jamais,
Ne fut plus désirable,
Et le pied, sublimé,
En parcours admirable.
J’ai vu le parurier
Entre boutons et broches,
En objets appariés
D’une clarté si proche.
J’ai croisé le plisseur
Créant, sous belles fronces,
Comme un divin vasseur,
Le chatoiement des ronces.
J’ai croisé le brodeur
Menant sa filature,
Ciselant son ardeur
Vers la Haute couture :
J’ai vu le couturier,
En défilé d’épure :
Je fus émerveillé
Par ses lignes si pures.
Le flux des mannequins
Sous ses vagues graciles,
En profil d’Arlequin,
Livrait son codicille.
L’instant me parut lourd
Quand, sous légère errance,
Le tulle et le velours
Domptaient la transparence.
Maroquin et brocard
Rehaussés de dentelles,
Dévoilaient mil écarts
De douceur immortelle.
Je restai subjugué
Par l'irréelle grâce
De ce céleste gué
En sesuelles traces.
J’ai vu le joaillier
Composer sa parure
Présentant, sous collier,
La gemme et ses dorures.
Près de mille brillants
En démarche galante,
Rehaussaient, scintillant,
Cette gemme insolente.
Sous l’éclatant motif
Du bijou en ses flammes,
Je demeurai captif
De ses feux perçant l’âme.
J’ai vu le parfumeur
Caresser les essences,
Allier les humeurs
En leur magnificence :
Ce parfum plein d’allant
Me dévoila sa prose,
Étreint d’ylang-ylang,
De jasmin et de rose.
Sous les notes de cœur,
En leur suave errance,
Musc et iris, vainqueurs,
Exhalaient leurs fragrances.
Le muguet, le santal,
Affichaient leur vaillance
Dans ce parfum fatal
Aux nobles alliances.
Dans la suavité
De rares aldéhydes,
Soudain, l’éternité
Rejoignit l’Énéide…
Dans mon cheminement,
J'ai vu l'apothicaire
S'abîmer longuement
Dans un onguent précaire.
Le beurre en karité,
L'argan, en gouvernance,
Mettaient, sous vérité,
La ride, en abstinence...
Chanel domptait le Temps
Sous Faust, en connivence,
Figeant, un court instant,
L'élixir de jouvence...
Tout n’était que beauté,
Douceur et diligence,
Avec l’éternité
Pour unique exigence.
Tout n'était que reflet
De subtile insolence,
D'arcanes dévoilés,
De sublime Excellence...
Ainsi, paraît Chanel
Merveilleux, éternel…
Gérald ANGELIS – Onirisme quantique - Arts majeurs
Février 2023
Duplication autorisée, avec mention de la source
Vasseur (Vieux) nm : Vassal
Ronce - nf : Noeud dans certains bois précieux, utilisés en ébénisterie (noyer, notamment)
Codicille - nm : Ajout à un testament
Éoissure - nf : Noeuds de cordages,
Chagrin - nm : Peau de chèvre très fine, utilisée en maroquinerie de luxe
Maroquin - nm : Cuir grenu
Aldéhyde - nm : Élément chimique (aldéhydes aromatiques, terpéniques) utilisés dans certains parfums (Chanel N° 5)
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