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A l'heure où je t'écris, le jardin se recueille,
Toi mon amour, tu dors au nid de la maison;
Ils sont si parfumés ces mots que je te cueille,
Si doux, si lumineux, si beaux pour la saison
Qu'un bonheur savoureux, tendre comme l'absinthe,
S'idéalise avec les fleurs, leur encensoir
Ouvre en moi, quelque chose où ton prénom se teinte;
De superbes rayons te ressemblent ce soir.
Sous mes yeux le bassin avec douceur reflète,
Les rubis du couchant, un merle à pleine voix
Prête à l'ombre son cri, sait-il que le poète
S'inspire aussi du vent, il en connaît le poids,
Le bruit que fait l'amour pénètre la pensée
Et tourmente l'esprit jusqu'au frémissement,
Céleste sont les vers sur la page dorée,
Déjà s'avance l'or du lourd pressentiment.
J'en suis assez heureux, j'ai tant lu de merveilles
Au livre de tes yeux, tant cueillit de bijoux,
Somptueux diamants, qu'ils éclairent mes veilles.
Si quelques libertés me donnent rendez-vous,
Le parfum de tes fleurs sur son aile me mène,
Vers l'opulent plateau des riches souvenirs,
Ta robe d'aubépine en rêve est une traîne,
Où s'accroche le jour des milliers de saphirs.
En songeant au passé, je m'assieds près de l'arbre,
Tu sais, celui qui pleure, un saule à l'âge grand,
J'imagine ton corps, une statue en marbre
Que la beauté honore avec un soin ardent.
Tout mon plaisir charnel au clair-obscur se lie
Au rythme que le jour abaisse son quinquet,
Je n'y vois plus que toi mon humaine folie,
Avec des mots fleuris j'appose mon cachet,
Celui de mon amour, qu'il puisse être la preuve,
Le béton, le liant, de mon attachement,
Le sort peut me réduire ou me mettre à l'épreuve,
Sans limite de temps je t'aime éperdument.
Si loin que ma pensée est une nef royale
Où baigne ton portrait, soleil de ma raison;
A travers les vitraux, une aube triomphale
Trace ton prénom au mur de mon Panthéon.
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