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Quand ton âge sera le mien, si d'aventure
Mon œuvre t'intéresse alors ouvre ton cœur,
Visite mes écrits, ignore la rature
L'inévitable ronce et cherche la douceur.
Si mon art touche au but, certainement ton âme
Épousera mes vers quand tu les auras lu,
Savoure bien mes mots, ils te diront la flamme
Le style solennel que ma plume à voulu.
Comprendras-tu la part envers toi, je l'espère,
Sur le grand livre d'or qui ne s'est refermé,
Tu pourras découvrir mon amour pour ta mère,
Inflammable est la rose au jardin du passé.
Le temps écorne tout et fend même la pierre,
Existe-t-il des mots qui puissent soulager?
Même autour des arceaux s'entrelace le lierre,
Surtout ne doute pas combien j'ai pu t'aimer.
Je ne demande pas la moindre gratitude,
Ni même de me lire autrement qu'une fois;
Si ton bon esprit est plein de sollicitude,
Même de temps en temps pense à moi quelquefois;
Mais surtout pas souvent, laisse tout mort à l'ombre,
Leur souvenir rendrait ton chemin malheureux,
Le bonheur est ingrat, ce qui meurt, ce qui sombre
Son cours l'évitera, c'est bien trop douloureux.
Et si tu n'ouvres pas ma modique brochure,
Je peux bien le comprendre, en protégeant ton cœur
Tu pourras visiter le jardin d’Épicure,
L'amour pour le savoir, rend tout humain meilleur.
Voila chère Sophie un emphatique ivoire,
A l'heure de ton choix sauras-tu faire un tri,
Entre l'humble devoir et celui de mémoire?
Si te ronge le doute, écoute ton esprit.
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