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Sans le moindre talent, sans même être poète,
Ce soir j'ai senti naître une aube dans ma main,
Ainsi j'ai pu poser en pensant au divin
Des vers ensoleillés, miroir de sa personne.
Les mêmes mots légers que la source chantonne,
Flottaient dans mon esprit sur un dais de satin,
L'éclat de sa beauté devenait mon lutrin.
En puisant les couleurs avec l'art de l'automne,
Du pouvoir de ma plume est né le cher bijou,
Apprivoisant la muse afin d'en voir le bout
Mon cœur élabora pour ses yeux la merveille.
Un chef-d'œuvre en tout point pareil à son doux sort,
En rêvant de sa chair m'est venu dans l'oreille,
Qu'il manquait une perle à sa couronne d'or.
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